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Le 15 novembre, vingt États se rencontreront à Washington pour définir dans la brève période de réponses sur comme soulager la crise économique et en faciliter la conclusion. Ceux-ci prendront en outre décisions de longue période pour redessiner les règles de la finance internationale.

Le sommet G20 de moitié novembre est, donc, le début d’un procès qu’il pourra être décisif à la politique économique internationale des prochaines années. La rencontre est historiquement semblable aux négociations préparatoires de la conférence de Bretton Woods avec les mêmes «options réelles» pour la communauté internationale de prendre une nouvelle direction. Les choix pas audacieux failliraient et elles produiraient d’insignifiants effets tampon au statu quo de l’économie d’aujourd’hui. La situation, pour beaucoup de raisons, est-elle identique à celle-là racontée par l’économiste Richard Gardner dans l’essai «The Sterling Dollar Diplomacy» du 1955 et publié par l’Oxford universiy press l’an suivant.

L’architecture du système international financier contemporain n’a pas fonctionné et elle s’est montrée incapable de protéger soit les États soit les individus. La crise financière mondiale exige une réaction mondiale donc, de choix audacieux contre l’aggravation de l’économie réelle et la longue récession amorcée par la crise financière.

Joseph Stiglitz, pendant une réunion près des Nations unies il y a quelques jours, débat convoqué par le président de l’assemblée générale de l’ONU, il a dit: «il ne faut pas perdre de vue que la crise financière touche des individus, des êtres humains. Devant cette crise mondiale, les réactions doivent être guidées par des débuts de solidarité et de justice sociale et ils doivent dépasser les frontières nationales. Il faut repenser l’équilibre nécessaire entre gouvernements et marché, en respectant les débuts de transparence et vigilance. Nous devons nous mettre dans cette perspective qu’il nous permet de comprendre que les marchés et l’économie en générale ne sont pas un but en soi, mais qu’ils sont là pour servir les citoyens. Elle a été inquiétante l’excessive attention qui a mis l’accent seulement sur la recherche de profits à avantage de peu dans ces derniers quinze ans. Les intérêts des entreprises, des actionnaires et des consommateurs ne sont pas identiques aux mêmes intérêts des citoyens.»

Toujours selon le prix Nobel: «La crise nous donne la possibilité de revoir notre doctrine économique et de la compléter avec les grands changements qu’ils sont intervenus dans ces derniers ans, mais qu’ils n’ont pas été codifiés dans les traités mondiaux. Il faut opérer des réformes profondes pour douer les économies de systèmes financiers robustes et qu’elles puissent soutenir la promotion de la prospérité. Ces systèmes devront être plus équitables et non dissimulés. Aujourd’hui,les Nations Unies représentent la seule institution légitime dans ce domaine. Cependant, la réponse à la crise exigera des nouveaux choix et ensuite de faire recours au Fond monétaire international et à la Banque mondiale. Mais ces deux institutions, en priorité, dans les dernières années, elles ont adopté une approche personnelle selon laquelle les forces de marché étaient suffisantes à la réglementation de l’économie.»

Le 15 novembre à Washington, la vertu sauvera-t-elle le monde? La finance de marché a eu la propriété de faire voir dans une longue période les résultats catastrophiques de son immoralité. Et si même la catastrophe de cette magnitude ne parvenait pas à prendre des choix courageux, alors nous pourrons nous demander quel degré de convulsion il faudra atteindre pour obtenir du système le premier doute…

Antonio Torrenzano

 

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Conversation avec John Perkins, écrivain, économiste, consultant financier. Perkins naît le 28 janvier du 1945 à Hanover dans le New Hampshire. Il a fréquenté le Tilton High School, le Middlebury Collège et le Boston University School of Management dans les années 60. Il a travaillé pour une société internationale de conseil de Boston comme chef économiste, mais il était, dans la réalité, un sicaire de l’économie. Il a vécu et travaillé en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient, en Amérique latine. Il a tenu caché son rôle jusqu’aux événements du 11 septembre 2001 qui l’a convaincu à révéler les secrets de sa vie et la corruption économique de la mondialisation. Aujourd’hui, John Perkins est un écrivain et un partisan pacifique pour les droits des tribus autochtones et dans les mouvements à défense de l’environnement. Auteur de nombreux essais, traduits dans plusieurs langues diplomatiques, dont «Les Confessions d’un assassin financier», Paris, éditions Ariane, 2006 et «The Secret History Of The American Empire», New York, Peguin group, 2008. Le dialogue s’est développé en deux reprises :à Milan où l’auteur a présenté son livre «Les Confessions d’un assassin financier» en 2007 près de la librairie Feltrinelli et par téléphone dans l’été 2008. Son site web http://www.johnperkins.org.

 

Antonio Torrenzano. Quels rôles ont-ils joués les grandes corporations dans ces dernières années? Pourquoi parlez-vous de pouvoir absolu de corporations dans votre dernier livre «The Secret History Of The American Empire» ?

John Perkins. À la base du pouvoir absolu des corporations, il y a les grandes multinationales. Ce sont les grandes corporations à définir la manière et le style de vie de tous les citoyens de la planète. Les corporations sont de dictatures impérialistes dans lesquelles un numéro très resserré d’individus prend d’importantes décisions planétaires en produisant une grande quantité de profits. Les corporations se sont montrées, dans ces dernières années, très efficaces dans la gestion des ressources rares, dans la manipulation de l’opinion publique, dans l’accroissement d’une grande quantité de profits. Contrairement aux vrais idéaux de justice, ces patrimoines privés sont terriblement avides, matérialistes et ils agissent par la plus grande discrétion. Je compare les corporations à des nuages qui entourent la planète et qu’ils influent sur les décisions politiques de chaque État. Dans mes nombreux débats avec des étudiants, j’ai expliqué que les présidents de ces multinationales sont comparables à des souverains absolus, mais ils ne sont pas élus par le peuple ni sujets à la volonté de la loi et avec un mandat de gestion illimitée dans le temps. Ces individus contrôlent les médias, les gouvernements et, à travers des portes à tambour, ils se remuent avec désinvolture entre le monde des affaires et le monde de la politique dans presque tout le monde occidental. Toujours dans mes discours, j’avertis en outre et souvent l’exigence de rappeler à qui m’écoute un élément pas connu souvent par tout le monde. C’est-à-dire, que les grandes institutions économiques internationales comme le Fond monétaire international ou la Banque mondiale ne sont pas des institutions indépendantes. Elles ont été depuis longtemps, au contraire, des institutions vivement conditionnées par la politique américaine. Les États-Unis maîtrisent presque le 17% de votes près du Fond monétaire international et presque le 16% de votes auprès de la Banque mondiale. Les étudiants que j’ai rencontrés, à la fin de chaque débat, ils m’ont toujours dit: «continuez-vous à dire la vérité, nous avons besoin de nouveaux espoirs, continuez-vous à indiquer de nouvelles solutions ».

Antonio Torrenzano. Vous avez travaillé pour ces corporations comme sicaire financier, comme vous vous appelez dans l’essai «Les Confessions d’un assassin financier». Pourquoi avez-vous décidé de dénoncer cette partie secrète de l’économie mondiale et aussi secrète à l’opinion publique .

John Perkins. Oui, j’ai travaillé pour ce système, mais après les événements du 11 septembre 2001, j’ai choisi de dénoncer et décrire la réalité. Sicaire financier… ? Oui, c’est comme ça que nous nous appelions. Officiellement, j’étais un économiste en chef. Mais nous nous appelions les tueurs à gages économiques. C’était de l’ironie! Notre travail consistait à construire le maximum de profits, créer des situations où le maximum de ressources était drainé vers nos multinationales, vers le marché financier, vers notre gouvernement et nous avons été très efficaces. Nous travaillions en créant des manipulations économiques, des fraudes aussi par la corruption de personnes dans d’autres États qui aimaient notre mode de vie. Pour une longue période, j’ai été séduit par ce système: le pouvoir, l’argent, le sexe; ils exerçaient une forte attirance sur moi. Mais, un jour un très haut sentiment de culpabilité m’a convaincu à dénoncer cette partie secrète de l’économie globale. La crise financière d’aujourd’hui est une conséquence de ce système malade. Je savais que je devais raconter la vraie histoire. C’est la seule manière pour retrouver la sécurité de tout le monde, reconstruire les régions dévastées de la planète, effacer définitivement la pauvreté et les personnes qui meurent de faim chaque jour… désormais un peu partout. Je crois à présent que le système peut-il changer.

Antonio Torrenzano

 

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Conversation avec Poul Nyrup Rasmussen, 65 ans, économiste, ancien premier ministre de la République de Danemark du 1993 au 2001. Depuis le 2004, Poul Nyrup Rasmussen est député et président du parti socialiste européen au Parlement de Strasbourg. La conversation a eu lieu à Bruxelles au mois de novembre 2008.

Antonio Torrenzano.Qu’est-ce qu’il changera dans les relations UE-USA après l’élection présidentielle de Barack Obama aux États-Unis?

Poul Nyrup Rasmussen. J’espère qu’avec l’élection à la Maison Blanche du Président Barack Obama se concrétise un nouveau dialogue constructif entre l’Union européenne et les États-Unis. Il y a de problèmes très pressants que nous devons affronter: le climat, la pauvreté absolue, la crise financière, la paix. Problèmes surs lesquels, je souhaite qu’il y a une très grande syntonie entre États-Unis et l’Europe. Le message proposé pendant la campagne électorale par le nouveau président américain a été bruyant: tout ceci n’arrivait pas depuis les temps du mouvement pour les droits civils. Les démocrates américains veulent vraiment travailler en partenariat avec les autres acteurs internationaux pour trouver de nouvelles solutions à l’instabilité internationale du système. Dans le dernier deux ans, j’ai eu beaucoup de rencontres avec les démocrates américains en participant à plusieurs séminaires près des universités de Berkeley, Harvard, Columbia. Par ses rencontres, j’ai tiré beaucoup de réflexions personnelles: les démocrates aux États-Unis ont une «road map» bien précise pour résoudre quelques-unes problèmes qui serrent la planète.Et, je pense encore que nombreux points de vue sont semblables dans le domaine européen.

Antonio Torrenzano. Quels, par exemple? Vous, déjà il y a deux ans, dénonciez les excès de la spéculation financière en invoquant une nouvelle réglementation des marchés financiers par une manière plus responsable.

Poul Nyrup Rasmussen. Il s’agit de trouver de nouvelles idées et de solutions pour régler les marchés financiers. Mais, aussi, le Fond monétaire international et d’autres institutions mondiales. La crise financière n’est pas terminée. Tout cela rend très urgente l’élaboration d’un nouveau plan d’action mondiale partagée par tout le système international. Pour ce qui concerne, en revanche, l’Europe, nous devons agir sur deux fronts: par une initiative commune contre récession et une réforme des marchés financiers. Nous sommes obligés, car aucune intervention tampon n’aurait pas d’effets durables. Une ligne d’action à intérieur du marché européen je l’ai proposé au président de tour de l’Union Européenne. Une action simultanée dans laquelle tous les gouvernements de l’UE devraient synchroniser leurs respectifs investissements en infrastructures, innovation, énergies renouvelables, formation. Car aujourd’hui, le taux d’interdépendance dans l’Union Européenne fait si qu’un 1/3 du PIB de chacun État, il dépende de celui de l’État voisin. La simultanéité de ces interventions, il aurait un effet multiplicateur. Avec mon groupe de collaborateurs, nous avons calculé qu’en investissant le 1% en plus dans chaque année et pour quatre ans, par l’action heureuse de la somme de l’intervention nationale et avec l’effet du marché unique, on pourrait obtenir des résultats économiques avantageux pour faire sortir l’Europe de la crise.

Antonio Torrenzano. Le problème se pose néanmoins pour ces États qu’ils n’ont pas plus de marges économiques de bilan pour investir. Il y a encore, par exemple, les limites que le Pacte de stabilité fixe aux États membres. Et, quoi dire, en outre, de l’opposition entre les membres européennes sur les solutions à prendre ?

Poul Nyrup Rasmussen. Le pacte de stabilité prévoit des souplesses pour les investissements structuraux. Sans un plan économique contre la récession, les dépenses sociales et le chômage augmenteraient. L’Allemagne croit que cette coordination n’est pas nécessaire. Mais je continue à affirmer: laissons-nous de côté les désaccords entre les États européens et arrêtons-nous tout de suite la récession qui est en train d’entamer l’économie réelle. La situation économique d’aujourd’hui est un test politique pour l’Europe. Comment pourra-t-elle expliquer à ses citoyens autrement que pour sauver les banques elle a construit une action concertée, tandis que pour sauver leurs postes de travail elle ne pourra pas ?

Antonio Torrenzano

 

*Dans l’image Poul Nyrup Rasmussen avec Ann Linde aux Etats-Unis pendant une visite des députés socialistes du Parlement européen à Washington en 2007.

 

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Conversation avec Robert Reich, professeur d’économie à la Goldman school of public policy l’université de Berkeley, ancien secrétaire au travail de l’administration Clinton. Aujourd’hui, il est l’un des conseillers économiques de Barack Obama, 44e président américain. Le professeur Reich est auteur de nombreux essais économiques et il vient de publier en France, aux éditions Vuibert:«Super-capitalisme. Le choc entre le système économique émergent et la démocratie». Le dialogue avec le professeur Reich a eu lieu par téléphone.

Antonio Torrenzano. J’aimerais commencer ce dialogue avec la différence entre capitalisme et super-capitalisme dont vous parlez dans votre dernier essai. Un super-capitalisme qui a porté la planète à une extraordinaire crise financière, à une crise alimentaire, à une crise des ressources rares.

Robert Reich. Le capitalisme que nous avons eu dans le passé est différent de celui d’aujourd’hui. Le super-capitalisme contemporain est très compétitif. Les tarifs d’accès aux marchés sont très bas, les consommateurs peuvent choisir de biens économiques et de produits dans chaque angle du monde, les investisseurs peuvent tourner la planète à la recherche de profits toujours plus élevés, l’argent voyage à la vitesse de la lumière, biens économiques et actions ils peuvent être achetés sur internet. Chaque investisseur et consommateur, il a l’entier globe à disposition. Tout ceci a créé un capitalisme différent de ce que nous avions il y a dix ans. Avoir eu plus d’occasions pour acheter ou investir, il a produit de hautes discriminations et cette nouvelle phase que j’appelle super-capitalisme, il a dramatiquement réduit la sphère des droits civils et des droits publics des citoyens. Un élève pourcentage de conservateurs aux États-Unis croyait, avant de la crise financière, que le bien-être de consommateurs était la valeur unique dont il fallait s’occuper. Au contraire, beaucoup de monde dans plusieurs reprises, ils croyaient que cette évolution aurait pu imploser. Le super-capitalisme doit être balancé par de nouvelles règles juridiques et économiques. La seule manière aujourd’hui pour protéger la démocratie et nos droits civils,c’est limiter cette évolution de l’économie.

Antonio Torrenzano. Vous affirmez que les citoyens sont impuissants devant le super-capitalisme. Je crois, en effet, que la crise des «subprimes» aux États-Unis et la crise financière planétaire, il est une confirmation de sa théorie. Mais, comme pourra-t-on changer le système économique occidental, défendre l’intérêt public et la dignité de l’individu ?

Robert Reich. Les citoyens sont devenus impuissants à cause des immenses capitaux des grandes entreprises qui ont noyé les institutions démocratiques. Aux États-Unis, de hauts dirigeants, des gestionnaires des grandes corporations, les sociétés de lobbying ont pris Washington. Le même arrive à Bruxelles ou dans d’autres Capitales de l’économie mondiale. Si nous cédons à la tentation de penser seulement sur la base des consommations et des investissements, nous oublions notre rôle de citoyens. Je vous fais un exemple:le droit à l’éducation. Un citoyen bien instruit est fondamental au fonctionnement de la démocratie, mais maintenant on discute d’éducation seulement comme fruit d’un investissement privé. Pas plus comme un bien public! Considérer une maîtrise universitaire seulement comme un passepartout vers un salaire plus haut, il signifie confirmer l’idéologie d’un super-capitalisme qui érode l’idée même d’avoir des intérêts communs ou des intentions solidaires. Est-ce que vous me demandez de ce qui est la responsabilité pour fortifier la démocratie? Il touche à nous tous de le faire, c’est une responsabilité et une obligation de tous les citoyens. Les institutions publiques sont composées par des citoyens. Si l’opinion publique permet que les institutions soient dégradées, corrompues, conquises par des fortunes privées ou par de grandes corporations, l’État il ne pourra plus fonctionner. Chacun de nous, il est avant tout un citoyen puis un consommateur. Nous devrons retourner à nous comporter comme citoyens : protéger nos droits civils et sauvegarder la démocratie des règles.

Antonio Torrenzano. La crise financière mondiale impose une nouvelle réglementation des marchés, mais plus en général de l’ingénierie financière même utilisée jusqu’à aujourd’hui. Le sommet économique du 15 novembre du G20 pourra-t-il remédier à ce désastre?

Robert Reich. Pour une longue période, de Ronald Reagan à Margaret Thatcher, la tendance a été celle de ne pas donner de règles aux marchés financiers. Maintenant, on ira dans une direction opposée. Si les institutions politiques étaient encore dominées par des richesses privées et par le pouvoir des grandes corporations, les règles ne pourraient plus être dans l’intérêt collectif. Au contraire, ils serviraient seulement à protéger les riches et les puissants. L’opinion publique mondiale nous y communique plus que jamais, aujourd’hui, qu’il faut se doter de nouvelles et plus efficaces lois à l’intérêt de tous.

Antonio Torrenzano

 

 

Net Bibliogr@phie.

Pour d’autres renseignements sur les activités scientifiques, les publications et les colloques du professeur Robert Reich, consulter son carnet numérique http://robertreich.blogspot.com ou son home page http://www.robertreich.org.Encore, le site universitaire de la Goldam school of public policy de l’université de Berkeley http://gspp.berkeley.edu

 

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David Axelrod, 53 ans, principal conseiller de Barack Obama, celui qui a conseillé de choisir au 44ème président des États-Unis comme slogan «Yes, we can». Axelrod a rencontré Barack Obama en 1992 en ayant en commun avec le futur président la passion pour le basket de rue, pour les causes progressistes et la même vision de l’avenir.

D’abord journaliste au Chicago Tribune, Axelrod commence son aventure dans la politique huit ans auparavant en offrant ses services à un autre sénateur démocrate de l’Illinois,Paul Simon. En quelques années, il devient un consultant politique très respecté, spécialisé dans la communication et les messages que les candidats doivent offrir à leurs électeurs.

Par son travail, David Axelrod fait gagner Richard Daley à la mairie de Chicago, John Street à la mairie de Philadelphie, Patrick Deval au poste de gouverneur du Massachusetts. En 2004, il aide Barack Obama à se faire élire sénateur de l’Illinois.

Depuis cette date, pour le 44e président des États-Unis élu le 4 novembre 2008, il a toujours contrôlé et développé la stratégie présidentielle, la publicité aux discours, les débats, le buzz orchestré sur Internet et dans les médias. David Axelrod a été celui qui, même dans le moment de crise de la campagne contre le candidat républicaine McCain, a maintenu le cap avec les paroles comme «espoir» ou «changement».

Jusqu’aux dernières conférences de presse, avant l’élection présidentielle, David Axelrod a toujours affirmé: «Si je parviens à mener Barack Obama jusqu’à la Maison Blanche, j’aurai fait quelque chose d’important dans ma vie et pour mon Pays. Barack Obam c’est ma croisade ».

Antonio Torrenzano

 

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Conversation avec Éric Toussaint, économiste, président du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde–Belgique. Auteur des nombreux essais dont «Banque du Sud et nouvelle crise internationale», édition CADTM/Syllepse, 2008. Le dialogue a eu lieu à Rimini auprès de la Fondation Pio Manzù pendant la XXXIVe édition des journées internationales d’étude avec le titre «Penia and Poros.The conscience of prosperity:for a new moral economy»

Antonio Torrenzano. La crise de la dette qui a éclaté dans les pays les plus industrialisés depuis l’an 2007 avec la débâcle de ces jours, elle pourrait modifier radicalement les conditions d’endettement des pays en développement (PED) dans un futur proche. La première question par laquelle j’aimerais commencer notre dialogue est la suivante:sommes-nous à la veille d’une nouvelle crise de la dette dans les pays en développement?

Éric Toussaint. La question mérite d’être posée, car si c’est le cas, il est important de s’y préparer et de prendre les mesures appropriées pour en limiter les problèmes. Ces dernières années, une grande partie des PED ont vu leurs recettes d’exportation fortement augmentées en raison de la hausse des prix des marchandises qu’ils vendent sur le marché mondial : hydrocarbures (pétrole et gaz), minéraux et produits agricoles. Cela leur permet à la fois de puiser dans ces recettes en devises pour rembourser la dette et d’être crédibles pour contracter de nouveaux prêts. De plus, les banques commerciales du Nord, qui avaient fortement réduit leurs prêts à partir de la fin des années 1990, suite aux crises financières dans les PED, ont progressivement rouvert le flux des prêts à partir de 2004-20054. D’autres groupes financiers privés (fonds de pension, sociétés d’assurance, hedge funds) ont fourni du crédit aux PED en achetant les bons que ceux-ci émettent sur les principales places financières. Des États ont également augmenté l’offre de crédits aux PED, de la Chine qui prête tous azimuts jusqu’au Venezuela qui finance l’Argentine et des pays de la Caraïbe. En général, les taux demandés et les primes de risque sont nettement inférieurs aux conditions qui ont prévalu jusqu’au début des années 2000. Il faut ajouter à cela l’abondant crédit octroyé à l’intérieur des PED par les banques locales ou étrangères qui opèrent au sud.

Antonio Torrenzano. La situation est-elle en train de changer ?

Éric Toussaint. Un changement est intervenu avec la crise de la dette privée dans les pays les plus industrialisés en 2007. Le déclencheur en a été l’éclatement de la bulle spéculative dans le marché de l’immobilier aux États-Unis qui a entraîné l’effondrement de plusieurs marchés de la dette privée (marché des subprimes, des ABCP (Asset backed commercial paper), des CDO (Collateralized Debt Obligations), des LBO(Leveraged Debt Buy-Out), des CDS (Credit Default Swaps), des ARS (Auction Rate Securities). Cette crise est loin d’être terminée et le monde est seulement en train de découvrir ses multiples répercussions. Alors que l’argent du crédit coulait à flot jusqu’en juillet 2007, les différentes sources privées se sont taries subitement au Nord. Les banques privées complètement engluées dans des montages chancelants de dettes ont commencé à se méfier les unes des autres et ont rechigné à se prêter de l’argent. Il a fallu que les pouvoirs publics des États-Unis, d’Europe occidentale et du Japon injectent massivement et à plusieurs reprises des liquidités (des centaines de milliards de dollars et d’euros) pour éviter la paralysie du système financier au nord. Pendant ce temps, les banques privées qui se finançaient en vendant des titres non garantis n’ont plus trouvé acquéreur pour ceux-ci sur les marchés financiers du nord. Elles ont dû commencer à assainir leurs comptes en amortissant les énormes pertes dues à leurs processus aventureux de dernières années. Pour s’en sortir, elles ont dû faire appel à des apports d’argent frais. Cet argent a été fourni par les fonds souverains des pays asiatiques et par ceux du Golfe Persique. Les banques qui n’ont pas trouvé à temps de l’argent frais ont été rachetées par d’autres (Bear Stearns a été rachetée par JP Morgan) ou par l’État (Northern Rock Bank a été nationalisée par le gouvernement britannique). Certaines d’entre elles n’ont pas évité la faillite. Freddie Mac et Fannie Mae, deux géants nord-américains du crédit hypothécaire, étaient en faillite virtuelle déjà en juillet 2008. Ces deux institutions ont été privatisées au cours de la vague néolibérale, mais elles bénéficient de la garantie de l’État. Leur portefeuille de crédits hypothécaires s’élève à 5.300 milliards de dollars (c’est-à-dire l’équivalent de quatre fois la dette publique externe de l’ensemble des PED).

Antonio Torrenzano. Mais, jusqu’à ce moment, la plupart des PED n’ont pas souffert.

Éric Toussaint. Dans un premier temps, les Bourses de valeur d’une série de PED ont vu affluer de l’argent spéculatif qui fuyait de l’épicentre du séisme financier, c’est-à-dire l’Amérique du Nord. Les capitaux libérés par l’explosion de la bulle immobilière qui a traversé l’Atlantique d’ouest en est et a frappé l’Irlande, la Grande-Bretagne et d’autres pays européens (la liste s’allongera dans les mois qui viennent), se sont jetés sur d’autres marchés : les Bourses de matières premières et de produits alimentaires qui sont situés au nord (en renforçant l’augmentation des prix) et certaines Bourses de valeur du sud. Jusqu’à ce moment les PED n’ont pas souffert parce que les prix des matières premières sont restés élevés et tout ça, il a permis aux pays exportateurs du sud d’épargner des recettes importantes.

Antonio Torrenzano. Le ralentissement de la croissance économique dans les pays du nord de la planète, comment influencera-t-il à présent les pays en développement ?

Éric Toussaint. Le maintien de très importantes recettes en devises pour les pays exportateurs qui en ont le plus bénéficié jusqu’à aujourd’hui n’est pas garanti. Il est probable que les rentrées baisseront dans les années à venir pour nombreux facteurs. La réduction de l’activité économique dans les pays industrialisés, en Chine et dans d’autres pays asiatiques gros consommateurs de matières premières (Malaisie, Thaïlande, Corée du Sud) devrait finir par pousser à la baisse les prix des hydrocarbures et d’autres matières premières. Certes, le prix du pétrole pourrait être maintenu si l’OPEP se mettait d’accord pour diminuer l’offre de pétrole ou si un gros producteur était empêché de fournir le pétrole au rythme normal (agression contre l’Iran de la part d’Israël ou des États-Unis; possible crise sociale et politique au Nigeria ou ailleurs; catastrophe naturelle ici ou là…) et si les spéculateurs à la hausse poursuivaient leurs achats de produits pétroliers. L’évolution des prix des aliments exportés dépendra de plusieurs facteurs. Par ordre d’importance, je signale le maintien ou non de l’augmentation de la production d’agro-combustibles, la poursuite de la spéculation à la hausse sur les Bourses de produits agricoles, le résultat des récoltes (celles de céréales devraient augmenter en Europe) qui est influencé notamment par le changement climatique. Il faut y ajouter une réduction probable des transferts des migrants vers leur pays d’origine. On verra… mais je ne suis pas optimiste. Selon les auteurs du rapport annuel 2008 de la Banque des règlements internationaux (BRI), les pays les plus menacés sont l’Afrique du Sud et presque tous les pays du Continent africain, la Turquie, les pays baltes et ceux d’Europe centrale et orientale comme la Hongrie et la Roumanie (ces deux pays sont au bord de l’éclatement d’une bulle immobilière avec comme facteur aggravant que les prêts ont été indexés sur des devises fortes, en particulier le franc suisse).

Antonio Torrenzano

 

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Pour d’autres renseignements sur les activités, les publications et les colloques du Comité pour l’annulation de la dette du Tiers Monde, consulter le site numérique de l’organisation http://www.cadtm.org.Pour lire le dernier rapport 2008 de la Banque des règlements internationaux (BRI), consulter le site web de l’institution internationale http://www.bis.org

 

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Dans les salles opératives des courtiers qui ont toujours vécu selon l’ancienne anecdote latine «homo sine pecunia imago mortis», la commémoration des morts sera célébrée à l’avance cette année !!

Toutefois, à payer ce seront les gens ordinaires et non les banquiers qui ont déjà porté leurs stock options dans un lieu sûr avant la faillite des instituts financiers. Affirmation que l’éditorial de l’hebdomadaire «The Economist» du 30 août 2008 déclare lui-même:« C’est le pire du capitalisme : il signifie que les actionnaires et les dirigeants jouissent des profits tandis que les contribuables paient l’ardoise quand il y a des pertes». Mais, l’anecdote latine a une double signification puisque l’individu qui vit seulement pour l’argent est un homme pas ouvert à ses semblables, qui ne pratique jamais l’amitié et qui méconnaît la pratique de la gratuité. L’économie redécouvrira une fois de plus dont l’anthropologie sait de longue date: l’importance du don. Plus que jamais, «l’Essai sur le don» de Marcel Mauss devient alors très contemporain à présent.

Contre le réductionnisme propre du formalisme économique, l’anthropologie de la gratuité vient rappeler que l’«Homme total » de Marcel Mauss, il est un homme complexe, irréductible à la figure simplifiée de l’Homo oeconomicu . Déjà, Émilie Durkheim soulignait cette tension irréductible de l’«Homo duplex» entre l’idéal moral (l’ensemble des «sentiments partout réservés à des fins impersonnelles, universalisables»), et l’idéal utilitaire «nécessairement égoïste». Néanmoins, plus que Durkheim, c’est bien Mauss qui a su systématiquement mener cette anthropologie de l’Homme total.

Ce caractère hybride de la nature et de la sociabilité humaines, Marcel Mauss le condense justement dans ce fait résolument total que constitue le don. Le don pour lui exprime cette tension : il ne se réduit ni à une prestation purement libre et gratuite ni à l’échange intéressé de l’utile. Toute la profondeur anthropologique de la découverte de Mauss est ici : dans et par le don s’affirment conjointement l’autonomie personnelle du sujet et son appartenance sociale; dans et par le don s’articulent la poursuite de l’avantage individuel et l’ouverture à autrui par des actes généreux.

Mauss peut ainsi suggérer de considérer la triple obligation de donner, recevoir et rendre comme la matrice universelle de toute socialité humaine, comme le « fondement même du droit», voire la « morale éternelle » commune aux sociétés les plus évoluées comme à celles qui le sont moins. L’illustration à ce billet de Patrick Chappatte n’est pas seulement réelle et amère comme une ciguë, mais nous indique qu’une nouvelle voie devra être prise bientôt dans les sociétés capitalistes occidentales.

Antonio Torrenzano

 

 

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Pour une sociologie de la gratuité lire les recherches et les activités menées par le Centre d’études sur la pensée de Marcel Mauss au suivant adresse numérique http://www.revuedumauss.com.fr . Les publications de l’économiste Alain Caillé dont «Don, intérêt et désintéressement»,Paris, édition La Découverte/MAUSS, 1994; et l’essai du même auteur «Anthropologie du don», édition Desclée de Brouwer, Paris, 2000. L’essai de Philippe Chanial «La société vue du don. Manuel de sociologie anti-utilitariste appliquée», Paris, édition La Découverte/MAUSS, 2008.

Les travaux de l’Institut d’études économiques et sociales pour la Décroissance à l’adresse web http://www.decroissance.org tandis que sur la pensée de Nicholas Georgescu-Roegen à l’adressé numérique de l’Université du Québec à Chicoutimi http://classiques.uqac.ca