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Conversation avec Boutros Boutros-Ghali, né le 14 novembre 1922, au Caire (Égypte), dans une famille de chrétiens coptes, M. Boutros-Ghali fut secrétaire général de l’ONU de 1992 à 1996 et secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie de 1997 à 2002. Président du Conseil national des droits de l’Homme d’Égypte, il préside également le Panel international sur la démocratie et le développement, créé par l’UNESCO en 1998, et il est aussi membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine. Docteur en droit international, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris (France), il a enseigné le droit international au Caire et il est l’auteur de plus d’une centaine de publications et de nombreux articles sur les affaires régionales et internationales, le droit et la diplomatie, ou encore les sciences politiques. En avril 2007, il se voit accorder un doctorat honoris causa de la part de l’Université du Québec à Chicoutimi (Canada). Il participe encore activement aux travaux de l’UNESCO, et en particulier aux Entretiens du XXIe siècle, dirigés par Jérome Bindé. L’entière conversation, recueillie par le journaliste Nfaly Savané, a été publiée sur le magazine SHS Regards, numéro 25, mois juillet-septembre 2009, dirigé Pierre Sané. SHS Regards est le magazine du secteur des sciences sociales et humaines de l’UNESCO.

Nfaly Savané. Vous présidez le Panel international sur la démocratie et le développement mis en place par l’UNESCO, en 1998. Quels enseignements tirez-vous de cette expérience ? Vous permet-elle d’affirmer qu’il y a un ou des modèles de démocratie ?

Boutros Boutros-Ghali. La démocratie et le développement entretiennent un lien indissociable. Ils ne peuvent par conséquent être séparés. Le problème est de savoir s’il faut commencer par le développement pour réaliser la démocratie ou au contraire par la démocratie pour réaliser le développement, ou alors aborder tout simplement les deux concepts en même temps. Ma réponse est pragmatique. Dans certains pays on a d’abord besoin du développement pour réaliser la démocratie, car un tel objectif ne peut être atteint quand vous avez, par exemple, 80 % de gens qui meurent de faim et sont illettrés. Dans d’autres pays corrompus, autoritaires, où l’aide au développement est parfois conditionnée au changement de régime, je dirai que la démocratisation est un premier pas, mais il n’y a pas de règle générale. Chaque situation a sa spécificité. Ma seule certitude est qu’une fois réalisé, le couple développement et démocratie devient indissociable.

Nfaly Svané. Les droits humains et la démocratie véhiculent-ils des valeurs auxquelles le monde arabo-africain doit se conformer ?

Boutros Boutros-Ghali. La démocratie, c’est surtout le pluralisme, différents points de vue, différentes opinions. Toutefois, la réalité va varier suivant les pays. Dans un pays divisé, par exemple, entre vingt tribus, ces dernières devront toutes être représentées dans les instances de décision. Ce sera la même chose pour un pays divisé entre 15 religions différentes. Il est en effet important que toutes les communautés représentatives participent au pouvoir. Je veux dire par là qu’il y a différentes formes de démocratie, différentes façons de faire participer les populations à la solution des problèmes auxquelles elles sont confrontées. Ce qui est important, c’est que le pouvoir ne soit pas entre les mains d’une seule personne, d’une seule tribu. La démocratie, c’est le partage du pouvoir, c’est le contrôle du pouvoir par différentes organisations.

Nfaly Savané. Que répondriez-vous à un jeune arabe ou un jeune africain qui vous rétorqueraient de ne pas évoluer dans la tribu, le village, mais dans le monde, et, par conséquent, que sa vie se déroule dans les tribulations de la ville moderne ?

Boutros Boutros-Ghali. Je n’ai pas dit que c’est uniquement à travers la tribu que la démocratie doit se présenter dans la région arabo-africaine, mais qu’à côté de la représentation européenne vous pouvez avoir une autre chambre qui représente les tribus. L’un n’empêche pas l’autre. Vous devriez donc faire participer ce jeune africain ou ce jeune arabe, mais aussi le clan auquel il appartient…

Nfaly Savané. Le développement de la communication et la mondialisation des échanges ont-ils une influence sur l’exercice des droits humains dans la région arabo-africaine ?

Boutros Boutros-Ghali. La mondialisation va avoir une conséquence sur la démocratie nationale dans la mesure où certains problèmes, comme celui de l’environnement et les crises économiques contemporaines, ne pourront plus être résolus à l’échelle nationale, mais internationale. La démocratie nationale, autant que la souveraineté nationale, elles vont perdre de leur importance au profit d’un pouvoir oecuménique, mondial, d’où l’importance de démocratiser la mondialisation.

Nfaly Savané. Quelle pertinence y a-t-il à parler de droits humains et de démocratie quand on sait que le véritable défi que doit relever le monde arabo-africain est celui de la fracture économique et sociale ?

Boutros Boutros-Ghali. Un des obstacles à la démocratisation, à la protection des droits de l’Homme, c’est la grande misère des pays du Tiers-Monde. Quelqu’un qui ne sait ni lire, ni écrire ne s’intéresse pas à la liberté de la presse. Quelqu’un qui n’a jamais quitté son village n’a que de faire d’un passeport pour pouvoir voyager . Cela étant dit, il y a un commun dénominateur aux droits de l’homme, dans la mesure où tous les êtres humains sont semblables : tous ont eu des parents et vont mourir un jour. Prenons un paysan du Sud : bien qu’il n’ait aucun rapport avec un milliardaire de Californie, du fait qu’ils sont tous les deux des hommes, ils ont les mêmes droits parce qu’ils sont semblables. Malgré sa richesse, le milliardaire de Californie va mourir un jour et le paysan du Sud aussi. La condition humaine est la même. Le langage de l’humanité, c’est les droits de l’Homme. Vous ne permettrez pas qu’on s’occupe d’aider les pays pauvres, si vous ne défendez pas les principes selon lesquels les droits de l’Homme sont des droits universels.

Nfaly Savané

 

 

*Un particulier remerciement au Magazine Life pour l’image de Boutros Boutros-Ghali.

*L’entretien électronique elle peut être lue sur le site de l’UNESCO au suivant adresse numérique : http://portal.unesco.org/shs/fr/

 

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La première décennie du XXI siècle commença dans la nuit de l’an 2000, pendant laquelle à tout le monde il fut expliqué que le réseau internet aurait été avalé dans le « Bug Y2K » qu’il aurait enterré dans un trou noir tous les micro-ordinateurs. Dix ans plus tard, la même humanité survécu au millenium bug, elle aurait vécu une nouvelle saison d’incertitude et de panique par une autre formule : la H1/N1, plus simplement connue comme grippe porcine. Les années 2000, donc, elles commencèrent par la peur du bogue informatique qui devait causer des pannes gigantesques et elles terminèrent avec la crainte d’une pandémie de grippe.

Entre les deux événements, il y a eu la tragédie des attentats terroristes du 11 septembre, les lettres contenant l’anthrax, deux krachs boursiers, la guerre en Irak, la destruction de la Nouvelle-Orléans, le tsunami en Asie, la catastrophe et effondrement de l’économie mondiale, l’évolution de changements climatiques de manière irréversibles. La première décennie du XXI siècle a été une décennie d’incertitudes, de tragédies vraies et imprévues, de fausses tragédies annoncées et jamais arrivées, de saturation économique de tout l’espace disponible en sens général et en sens le plus abstrait possible. Rarement, au cours de l’histoire de l’humanité, il est apparu aussi urgent qu’aujourd’hui d’interroger notre passé afin qu’il nous dise encore une fois qui nous sommes et où nous allons. Par exemple, comment devrons-nous analyser la saturation de l’espace vierge, la saturation de la planète par nos déchets, la saturation des nos désirs ?

Si ! La saturation des nos désirs par la publicité ou le storytelling, cette forme moderne, insidieuse et inédite de contrôle des esprits pour l’amour du bien-être. Encore, une montée d’oxymores et un rapprochement des mots qui associent nombreuses réalités contradictoires. La montée des oxymores comme développement durable, flexisécurité ou encore par exemple 4×4 urbain – il affirme le philosophe Bertrand Méheust dans son dernier essai « La politique de l’oxymore » – constitue un des faits marquants et révélateurs de la société contemporaine, particulièrement occidentale dans cette première décennie. « Selon l’utilisation que l’on en fait, il soutient encore Bertrand Méheust, l’oxymore peut être une force d’équilibration ou de formatage. Aujourd’hui, son emploi de masse par la propagande commerciale ou politique tend à révéler le plus souvent la seconde catégorie. Toutes les sociétés sont traversées par de conflits, par de grands contrastes, qui cherchent leur équilibre, leur synthèse ou leur hybridation dans des figures imaginaires et, de ce fait, l’oxymore, en tant qu’il est le lieu d’expression et/ou de résolution de ces tensions, est au coeur des mécanismes de régulation de la culture. Quand elle produit des oxymores, la société libérale semble donc à première vue poursuivre un processus universel ». Au contraire, dans ce temps présent les oxymores sont utilisés « par la propagande publicitaire et la communication pour légitimer le mensonge raisonné et comme moteur de la vie sociale ».

Dans quelle manière ? « Ses théoriciens – il affirme encore Bertrand Méheust – ont lié l’avenir à une croissance infinie dans un monde fini. À l’instantanéité de la Bourse. Ils vantent le risque et l’initiative individuelle, mais prônent par ailleurs le risque zéro. S’ils revenaient aujourd’hui, Alexis de Tocqueville ou Michel Foucault découvriraient que leurs analyses sont en train de se réaliser. Ils verraient se déchainer le règne de la quantité et le nihilisme occidental. Mais ils seraient effrayés peut-être d’avoir eu à ce point raison. »

Antonio Torrenzano

 

 

** Bibliographie électronique.

Bertrand MÉHEUST , « La politique de l’oxymore. Comment ceux qui nous gouvernent nous masquent la realité du monde » , Paris, éditions La Découverte, 2009.

Philippe PIGNARRE, Isabelle STENGERS, « La sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoutement », Paris, éditions La Découverte, 2007.

Hans JONAS, « Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique», Paris, édition Flammarion, 1999.

 

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Conversation avec Barry Commoner, biologiste américain, né à Brooklyn le 28 mai 1917. Il fait ses études jusqu’au bachelor à l’Université Columbia, puis obtient son master et son doctorat à Harvard. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il sert comme lieutenant au sein de l’US Navy. Après la guerre, il s’installe à Saint-Louis dans le Missouri, où il obtient un poste de professeur de physiologie des plantes à l’université Washington, poste qu’il occupe pour 34 ans. À la fin des années 1950, à la suite de ses travaux sur la présence de strontium-90 radioactif dans les dents de lait des enfants, Barry Commoner s’engage dans la lutte contre les essais nucléaires. Il est notamment à l’origine d’une pétition avec Linus Pauling. Il écrit également plusieurs livres sur les effets écologiques néfastes des essais nucléaires en surface. En 1970, il est lauréat de l’International Humanist Award de l’International Humanist and Ethical Union. En 1980, il fonde le parti des citoyens pour l’aider à véhiculer son message écologiste. Il est candidat à l’élection présidentielle américaine de 1980 sous la bannière de ce parti. À la suite de cette candidature infructueuse, Commoner retourne à New York où il devient chef du Centre de biologie et d’étude des systèmes naturels du Queens College. Il quitte son poste en 2000 et il devient jusqu’à présent professeur émérite du même institut de recherche. Il est membre de l’American Association for the Advancement of Science. Dans son livre « The Closing Circle » de 1971, Commoner a établi ses quatre lois de l’écologie, qui sont : 1) chaque chose est connectée aux autres. Il y a une seule écosphère pour tous les organismes vivants et ce qui affecte l’un affecte tous les autres. 2) Il n’y a pas de déchet dans la nature, et il n’y a pas un ailleurs où l’on peut jeter les choses. 3) La Nature le sait. Le genre humain a développé la technologie pour améliorer la nature, mais un tel changement tend à être nocif pour le système. 4) Un repas gratuit, cela n’existe pas. Dans la nature, chaque côté de l’équation doit être en équilibre, pour chaque gain il y a un coût et toutes les dettes seront payées. Barry Commoner est auteur de nombreux essais dont « Making Peace with the Planet », New York, éditions Pantheon 1990; « The Politics of Energy », New York, éditions Knopf, 1979; «The Poverty of Power: Energy and the Economic Crisis », New York , Random House, 1976;«The Closing Circle: Nature, Man, and Technology», New York, édition Knopf, 1971; «Science and Survival», New York, édition Viking, 1966. L’entretien a été développé dans l’ancienne villa de la renaissance Villa Caruso Bellosguardo en Toscane que depuis l’année 2002 est le siège du Congrès international annuel sur les biotechnologies. Sur la page web www.consigliodirittigenetici.org, le lecteur peut lire tous les actes scientifiques depuis l’année 2002. Le congrès est organisé chaque année par la Région Toscane en collaboration avec la Fondation des instituts de crédit mutuel Cassa di Risparmio et le réseau coopératif COOP.

Antonio Torrenzano. Je voudrais commencer ce dialogue par une phrase d’un votre ancien essai “ The Closing Circle: Nature, Man, and Technology”. Un repas gratuit, vous affirmez, n’existe pas. Dans la nature, chaque côté de l’équation doit être en équilibre, pour chaque gain il y a un coût et toutes les dettes seront payées.

Barry Commoner. Les progrès pour la défense des écosystèmes et de la Nature sont encore trop lents. La manière unique pour affronter la pollution de l’environnement reste la prévention avant que la situation devient dangereuse et au dehors d’une possible autorité. Aux États-Unis, par exemple, la qualité de l’air est améliorée de manière très graduelle, mais la plus importante source de pollution est encore les fumées de bioxyde d’azote qui reste stable depuis les années 1970.

Antonio Torrenzano. Le problème est évident. Le rapport Homme et Nature n’existe plus. Les temps de la politique ne sont pas les temps de la Nature. Mais pourquoi persévérer ?

Barry Commoner. C’est un problème politique, vous l’avez souligné. À partir de l’administration de Ronald Reagan, l’Environmental Protection Agency (EPA), l’agence pour l’environnement de mon pays, elle a vu se réduire son budget, son efficacité et sa capacité de vérification et surveillance. Les législations américaines pour l’environnement qui avaient été approuvées au début des années soixante-dix elles ont été progressivement réduites et à l’organisme national de contrôle ont été progressivement réduits les fonds de bilan et de recherche. Depuis l’administration de Ronald Reagan à aujourd’hui, je constate donc que la sauvegarde de l’environnement a été vivement réduite. Les conséquences ont été inévitables: une forte aggravation de la sauvegarde de l’environnement.

Antonio Torrenzano. Les poussières très fines qui polluent l’espace et la même dioxine introduite dans l’air en se vaporisant viennent transportées dans l’atmosphère. Mais où vont-elles finir tout ceci ?

Barry Commoner. Les poussières très fines viennent transportées dans l’atmosphère dans de lieux plus frais où elles se déposent. Une étude récente de mon équipe a découvert que toute la production de poussières très fines et de dioxine introduite dans l’air, elle s’est accumulée au nord du cercle polaire arctique. Le peuple Inuit du Canada, par exemple, a plus dioxine et PCB de nos sociétés occidentales parce que ces substances se concentrent dans ces zones. Ceci il est un danger direct que nous faisons subir à ce peuple. Nous sommes obligés à prévenir le problème, parce que ce que nous voyons dans les régions polaires c’est un signal dangereux pour tous. Encore plus dangereux par les effets d’un réchauffement mondial.

Antonio Torrenzano

 

 

** Un particulier remerciement à l’artiste, photoreporter et photographe Liz O. Baylen pour l’image de Barry Commoner.

 

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De l’euphorie au découragement, il termine ainsi la conférence internationale des Nations Unies sur le changement climatique. Le sommet de Copenhague ouvert sur de grandes ambitions, il ne débouche sur aucun accord. «L’avenir, affirmait Antoine de Saint-Exupéry, il ne suffit pas de le prévoir, mais le rendre possible ».

À Copenhague, la magie de Barack Obama s’évanouit. Les numéros et les engagements annoncés des États-Unis et de la Chine semblent plus à une communication commerciale que la rigueur d’une négociation. La distance entre les positions exprimées par le nouveau G2 et les questions posées au sommet pour la sauvegarde de la planète, elle reste très ample. La politique de Washington et de Pékin est encore un procès très lent relativement aux exigences de défense des écosystèmes desquels dépend la survivance de l’humanité. C’est un procès encore imprégné de contradictions et d’intérêts de vieux lobbys.

En revanche, à Copenhague, l’Europe a indiqué politiquement la rue vers une énergie propre et des efforts unilatéraux pour la sauvegarde de la planète. L’Union européenne devra faire trésor de cette force et de cette clairvoyance exprimée à la réunion internationale de l’ONU. Du point de vue économique, pour la première fois, en 2008, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé les sources ordinaires. Le rythme de croissance, par exemple, de l’énergie éolique a battu les prévisions de Greenpeace. Le défi pour une économie verte européenne est déjà commencé. Si l’histoire économique de ce siècle est écrite dans le continent asiatique, la lecture anticipatrice de l’avenir est encore une prérogative de l’Europe. Quand l’Union européenne est compacte, c’est-à-dire quand les intérêts nationaux des 27 États se mettent de côté, le continent montre toute sa vitalité et son rôle.

Antonio Torrenzano

 

 

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La nuit de vendredi à samedi 19 décembre, elle sera certainement la nuit la plus longue et la plus compliquée pour les chefs d’État et de gouvernement de 119 pays réunis depuis jeudi 17 décembre à Copenhague. Ils représentent 82 % de la population mondiale et 86 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète.

Le texte devrait prévoir les suivants points : 1) l’objectif de ne pas dépasser une augmentation de la température moyenne mondiale de 2°C avec les implications que cela suppose en matière de rejet d’anhydride carbonique; 2) une ligne de financements pour aider les pays les plus vulnérables dans la longue période; 3) un principe juridique de vérification avec le but de surveiller l’ambition écologique et les engagements financiers. Si ce principe était approuvé, il pourrait constituer l’embryon d’une nouvelle agence technique chargée de veiller à cette transparence. Enfin, le renvoi dans six mois à la discussion des textes plus détaillés, négociés depuis deux ans, qui devront être transformés en traité.

Deux scénarios sont alors possibles: un accord politique du meilleur compromis, c’est-à-dire les 193 États membres de la conférence de l’ONU sur les changements climatiques signent un texte qui n’aura rien de contraignant juridiquement à respecter pour ce qui concerne leurs engagements de réduction d’émissions de gaz à effets de serre. Ou une simple déclaration politique sur le modèle des déclarations d’intention qui caractérisent les sommets du G8 ou du G20 où ils affirmeront l’objectif d’une réduction d’émissions de 50 % en 2050 et des responsabilités différenciées en termes de droit et de pics d’émissions.

Antonio Torrenzano

 

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Conversation avec Isabelle Stengers, écrivaine, chimiste, philosophe, professeur en philosophie des sciences à l’Université libre de Bruxelles. Fille de l’historien Jean Stengers, la philosophe est connue pour son premier ouvrage, «La Nouvelle Alliance» (1979), coécrite avec le Prix Nobel de chimie Ilya Prigogine. Elle s’est ensuite intéressée, en faisant appel entre autres aux théories de Michel Foucault et de Gilles Deleuze, à la critique de la prétention autoritaire de la science moderne. En 1990, elle a fondé avec Philippe Pignarre la maison d’édition Les Empêcheurs de penser en rond. Autrice de nombreux essais, publiés dans plusieurs langues étrangères, dont «La volonté de faire science. À propos de la psychanalyse», Paris, édition Les Empêcheurs de penser en rond, 1992; «L’invention des sciences modernes», Paris, édition La Découverte, 1993; «Sciences et pouvoirs. Faut-il en avoir peur? » Bruxelles, Labor, 1997 (réédition La Découverte); «La guerre des sciences aura-t-elle lieu? », Paris, édition Les Empêcheurs de penser en rond, 2001; «Au temps des catastrophes. Résister à la barbarie qui vient», Paris, La Découverte, 2008. Isabelle Stengers est autrice aussi de nombreux ouvrages en collaboration dont avec Ilya Prigogine,« La Nouvelle alliance. Métamorphose de la science», Paris, édition Gallimard, 1979; avec Léon Chertok, «Le cœur et la raison. L’hypnose en question de Lavoisier à Lacan», Paris, Payot, 1989 et «L’hypnose, blessure narcissique», Paris, Les Empêcheurs de penser en rond, 1990; avec Philippe Pignarre, «La Sorcellerie capitaliste», Paris, La Découverte, 2005. Le dialogue avec Isabelle Stengers a eu lieu à Rimini près de la Fondation Pio Manzù et dans la ville de Modène, près de la Fondation Collegio San Carlo pendant le festival international de la philosophie.

Antonio Torrenzano. Dans votre dernier livre, vous écrivez : nous avons changé d’époque, l’éventualité d’un bouleversement global du climat s’impose désormais. Pollution, empoisonnement par les pesticides, épuisement des ressources, baisse des nappes phréatiques, inégalités sociales croissantes ne sont plus des problèmes pouvant être traités de manière isolée. Le réchauffement climatique a des effets en cascade sur les êtres vivants, les océans, l’atmosphère, les sols. Pourquoi la communauté internationale est-elle totalement incapable de prendre acte de la situation ?

Isabelle Stengers. La situation représente une énorme instabilité et tout cela, chacun nous le sait. Notre mode de croissance contemporaine, irresponsable, voire criminelle, doit être maintenue coûte que coûte. J’ai l’impression que la diminution de la pensée est généralisée : le régime capitaliste ne peut que penser à court terme. Notre planète est chatouilleuse, ce n’est pas une bonne mère et nous sommes capables de susciter des réactions de sa part qui peuvent signifier la disparition des ressources sur lesquelles nous comptons pour vivre. Nos sociétés exploitent et détruisent sans penser pour des bénéfices à court terme sans prendre en compte les conséquences. Nous allons vers un avenir extrêmement agité, et nous le sentons sur un mode de perplexité, de désarroi, de radicale impotence. On est en train d’habituer nos populations à accepter comme malheureusement nécessaires des situations qui étaient encore jugées intolérables il y a trente ans.

Antonio Torrenzano. L’occident, malgré le désastre de la crise économique et financière, il continue à chercher de possibles solutions dans une croissance économique effrénée et dans le profit. Quand on parle d’écologie, de protection de l’environnement, mais dit un jour Jean Malaurie, ce sont des considérations qui, avec le temps, deviennent des idées paresseuses. On en parle, elles agitent les esprits et puis l’été passe, Noël arrive et on les oublie. Un autre modèle dans cette brume de l’avenir est-il possible ?

Isabelle Stengers. Le réchauffement climatique, ce n’est pas une crise circonscrite à un lieu. Le réchauffement atmosphérique est une crise mondiale. Plus inquiétante encore est la remise de ce problème aux lois du marché et aux intérêts des États. Le marché économique qui s’occupe de la marche du monde et de la planète : la dernière barbarie. Nos évolutions sont compliquées et parfois incohérentes et je ne suis pas une catastrophiste. Mais, la communauté internationale devra prendre en considération les conséquences de ce bouleversement mondial du climat et les risques graves et/ou irréversibles pour l’environnement et pour la santé des individus.

Antonio Torrenzano

 

 

*Un particulier remerciement au photoreporter Nobert Rosing pour l’image. La photo reprend une femme du peuple Inuit avec son enfant.

 

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Ouverte sur de grandes ambitions, la réunion internationale des Nations Unies sur le réchauffement climatique à Copenhague pourrait ne déboucher sur aucun accord. La communauté internationale tente actuellement de se mettre d’accord pour donner une suite au protocole de Kyoto, mais les discussions se heurtent d’un côté par les réticences des pays développés à s’engager sur la réduction d’émission de CO2 et à aider financièrement les pays en développement; à leur tour les pays en voie de développement qui dénoncent les pays occidentaux de vouloir tuer le protocole de Kyoto.

Le protocole impose aux trente-sept pays industrialisés plus à l’Union européenne qui l’ont ratifié de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Pour les pays en développement, qui sont en revanche exonérés de ces obligations, ce document juridique il est encore une valide garantie. La première période d’engagement du protocole arrive à échéance fin 2012. Les pays en développement veulent être certains qu’elle sera prorogée pour une deuxième tranche jusqu’en 2020. La conférence sur le climat voit quotidiennement des failles s’ouvrir et des forces s’affronter entre pays en voie de développement et pays industrialisés. Mais ces altercations se développent aussi entre les deux principaux pollueurs de la planète : la Chine et les États-Unis. « La Chine appelle les États-Unis à faire plus, les États-Unis appellent la Chine à faire plus. J’espère que, dans les jours qui viennent, tout le monde appellera tout le monde à faire plus », a ironisé en fin de semaine dernière Yvo de Boer, le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Pour travailler, les politiques ont désormais en main un texte central rendu public il y a quelques jours. Un document qui souligne en précisant que la hausse des températures ne devra pas excéder 2°C par rapport à 1990. Le texte, en revanche, laisse en suspens un grand nombre de points comme, par exemple, les financements que les pays industrialisés utiliseront pour aider les pays en développement à financer leur adaptation au changement climatique. Une question à laquelle les pays du Sud sont particulièrement attentifs surtout pour les conséquences néfastes sur leurs territoires et leurs populations. Mais le temps se resserre et les ministres sont en train de passer de nuits autour de la table de négociations pour débloquer la situation tangible pas du tout facile. Aujourd’hui, les premiers chefs d’État ou de gouvernement arriveront à Copenhague. Cent trente, selon la dernière communication des Nations Unies.

Antonio Torrenzano

 

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Dès le début des années 1970, les États membres de l’ONU ont pris conscience de l’urgence à prendre en charge la préservation de l’environnement au rang mondial. En 1972, la Conférence des Nations Unies sur l’environnement adopte la Déclaration de Stockholm, qui contient les premiers grands principes d’une gestion rationnelle de l’environnement compatible avec le développement économique. De cette réunion découle la création du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), un organisme basé à Nairobi et chargé d’aider les pays en développement dans leur stratégie de croissance. La Déclaration de Stockholm devient donc l’introduction à une gestion internationale du climat.

En 1988 nait le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Créé à l’initiative de l’organisation météorologique mondiale (OMM) et du programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), le GIEC a pour objectif d’évaluer les informations scientifiques, techniques et socioéconomiques disponibles concernant la question du changement climatique d’origine humaine. Le GIEC n’a pas de laboratoire ; il se définit comme un endroit d’expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier. En juin 1992, les représentants des États membres se retrouvent à Rio, au Brésil, à l’occasion de la conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement. Cette réunion comporte trois volets : l’élaboration de l’Agenda 21, un plan détaillé d’action mondiale dans tous les domaines du développement durable, la Déclaration de Rio, qui définit les droits et les responsabilités des nations en matière environnementale. La déclaration de Rio reconnaît trois grands principes : le principe de précaution, le principe des «responsabilités communes, mais différenciées» (responsabilités partagées par l’ensemble de la communauté internationale, mais soutien financier et technique nécessaire aux pays en développement), et le principe du droit au développement. À l’issue des négociations, une convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques a été rédigée puis progressivement adoptée par les États membres.

Élaboré en 1997, le Protocole de Kyoto fixe les premiers objectifs chiffrés de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour chacun des États qui ont signé le protocole, pour la période 2008-2012. Les pays de l’OCDE se sont engagés à réduire leurs émissions de 5,2% en moyenne par rapport à leur niveau de 1990. Entré en vigueur en 2005, le Protocole de Kyoto met en exergue les oppositions entre pays industrialisés et pays en développement, les seconds étant exemptés de tout engagement afin que leur développement économique ne soit pas remis en cause. C’est notamment pour cette raison que le Sénat américain n’a jamais souhaité ratifier le Protocole de Kyoto, malgré la signature du président Bill Clinton. En 2007, le GIEC reçoit, conjointement avec l’américain Al Gore, le Prix Nobel de la paix. Dans la même année, les pays signataires du Protocole de Kyoto se réunissent à Bali en ayant comme objectif la réduction de 25 à 40% des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés d’ici 2020 par rapport à 1990.

La conférence s’achève avec l’adoption de la « feuille de route de Bali » qui met en place un processus de négociation incluant pays industrialisés et pays en développement à conclure avec le sommet de Copenhague. Les négociations du sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique sont complexes pour qui n’a pas suivi la feuille de route de Bali. Voici alors certains chiffres pour mieux comprendre la situation et l’objet de négociations : + 2°C, c’est le scénario le plus optimiste du réchauffement climatique d’ici la fin du siècle le selon le dernier rapport du Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). La concentration réelle de CO2 dans l’atmosphère est de 385 parties par million (ppm), supérieure de 38% à l’ère pré-industrielle. Le GIEC recommande de réduire la concentration de CO2 dans l’atmosphère à 350 ppm. 41 % est le pourcentage des émissions mondiales de CO2 produites par la Chine et les États-Unis. C’est aussi le pourcentage des émissions mondiales de CO2 générées par la production d’électricité et le réchauffement des ménages, les secteurs les plus polluants.

Le 20 %. est la part des émissions de CO2 générées par la déforestation. Les forêts tropicales sont de grands réservoirs de CO2, un gaz relâché dans l’atmosphère si celles-ci brûlent. La progression de l’agriculture sur brûlis et de l’élevage au Brésil, ainsi que le déboisement des forêts indonésiennes pour produire d’huile de palme seraient les causes principales de la déforestation. Plus 0.76°C c’est la hausse de la température moyenne de l’air enregistrée depuis un siècle. Les dégâts déjà causés par cette augmentation sont considérables : destruction des cultures et des sols, pénuries d’eau, multiplication des phénomènes climatiques extrêmes. 286 milliards de tonnes, ils sont les tonnes de glace perdues annuellement par le Groenland. La fonte des glaces causée par le réchauffement climatique s’est accélérée entre 2006 et 2009. Encore, 86 milliards d’euros sont la somme des transactions réalisées en 2008 sur le marché du carbone, selon le dernier rapport de la Banque mondiale. Malgré la crise financière internationale, ce montant a doublé depuis 2007. Enfin, l’agriculture qui ne souffre pas seulement des conséquences du changement climatique, mais elle est également responsable de 14% des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Celles-ci sont donc les chiffres et depuis mardi ces données ont inauguré les discussions techniques sur l’état de la planète pour rejoindre à un nouvel accord international entre le 18 décembre.

Roberta Barbera

Antonio Torrenzano

 

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Conversation avec Amartya Sen, économiste, prix Nobel pour l’économie en 1998 pour ses travaux sur la famine, sur la théorie du développement humain, sur l’économie du bien-être, sur les mécanismes fondamentaux de la pauvreté et sur le libéralisme politique. De 1998 à 2004, il a été le directeur du Trinity college à l’université de Cambridge devenant ainsi le premier universitaire asiatique à diriger un des collèges de l’université. Amartya Sen est aussi partie prenante dans le débat sur la mondialisation. Il est le président honoraire de l’ONG Oxfam. Parmi ses nombreuses contributions sur l’économie du développement, Amartya Sen a fait des études sur les inégalités entre les hommes et les femmes. Il est aujourd’hui professeur à l’université américaine Harvard. Auteur de nombreux essais, livres traduits en plus de trente langues, dont «L’économie est une science morale?», Paris, La Découverte, 2004; «Rationalité et liberté en économie», Paris,Odile Jacob, 2005; «La Démocratie des autres : pourquoi la liberté n’est pas une invention de l’Occident», Paris, Payot, 2005;«L’Inde. Histoire, culture et identité» et «Identité et violence», toujours aux éditions Odile Jacob, Paris, 2007. Le dialogue avec le prix Nobel a eu lieu à Milan pendant les journées d’étude sur l’économie coopérative, au mois de février 2009.

Antonio Torrenzano. Le gaz à effet de serre, il est un problème ouvert que l’Humanité a avec son propre avenir. Nous en voyions déjà les conséquences: augmentations très élevées de température pendant les mois d’été, des inondations désastreuses, longues périodes de sécheresse dans certaines régions de l’Afrique ou de l’Asie, le progressif dégel des glaciers. Pourquoi une économie verte est-elle nécessaire ?

Amartya Sen. C’est un devoir que nous ne pouvons plus renvoyer. La défense de la planète est une exigence pour la sauvegarde de l’humanité. Ce sujet autant que la pauvreté concerne tout le monde. Et tous les pays doivent aller au-delà de leurs intérêts pour contribuer à l’amélioration de la santé de la planète. Agir maintenant, il nous pourrait d’apporter au moins trois types d’avantage. Les investissements pour une économie verte peuvent être une stimulation pour aider les pays développés vers un nouveau système, les mêmes peuvent donner aussi une très haute contribution à l’expansion de l’économie des pays pauvres. Troisième avantage : les populations des pays en voie de développement en vivant dans le même monde unique ils amélioreraient leurs conditions de vie. La sauvegarde du milieu local par des mesures d’adaptation peut augmenter la qualité de la vie des habitants qui vivent dans les pays en voie de développement.

Antonio Torrenzano. Dans un ancien entretien toujours sur l’urgence d’une révolution verte, l’ancien secrétaire des Nations Unies Kofi Annan a-t-il affirmé: « protéger l’environnement coûte cher. Ne rien faire coûtera beaucoup plus cher». La communauté occidentale a-t-elle compris cette urgence ?

Amartya Sen. Les économies des pays développés doivent faire face à leurs responsabilités dans la réduction des émissions. Le monde occidental a vécu sur le mirage de l’autocontrôle des marchés et même de la Nature. En réduisant la surveillance et le rôle de la vigilance sur la finance et sur la production industrielle, on a construit une bombe à l’horlogerie prête à éclater. La communauté internationale se trouve à présent avec l’obligation de réécrire de nouvelles règles, car il ne s’agit plus d’un simple cours cyclique de récession économique.

Antonio Torrenzano. Un nouveau capitalisme vert ? J’espère qu’il ne sera pas un autre oxymore.

Amartya Sen. Je suis très sceptique quand j’entends parler de nouveau capitalisme. En réalité, je ne sais pas combien d’utilité a aujourd’hui le terme capitalisme. Je crois que nous avons la nécessité d’un nouvel équilibre entre institutions financières et comme les institutions internationales pourront garantir ce nouvel équilibre économique fondé sur principes d’équité et redistribution de la richesse vers tous.

Antonio Torrenzano

 

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Inondations, pluies imprévisibles, avancement du désert, la sécheresse. Le continent africain souffrira plus que tous les autres continents le réchauffement climatique. Pour Robert Molteno, physicien et historien près du School of Oriental and African Studies de Londres, ce sont deux les raisons pour lesquelles le changement climatique met en danger les habitants de l’Afrique.

La première raison est de nature économique. Dans le continent africain, la pauvreté empêchera à nombreux gouvernements de réaliser celles qui s’appellent «mesures d’adaptation». Elles sont des actions nécessaires à protéger les habitants des effets les plus graves du changement climatique dans le bref et dans le moyen terme. Oeuvres structurales comme barrières à la défense des villes côtières, reforestation sur vastes surfaces ou d’autres mesures pour contenir l’avancement des déserts et initiatives similaires. Le second motif pour lequel le changement climatique sera particulièrement dangereux pour l’Afrique réside dans le fait que les régions tropicales et subtropicales, c’est-à-dire la plus grande partie du continent africain, subiront le pire avec l’augmentation de la température. Des exemples et de possibles projections, ils peuvent faire nous apercevoir comme le réchauffement pourra influer négativement sur ces territoires.

L’augmentation de la température dans les zones équatoriales de l’Afrique devrait produire des effets dans les déserts et dans les régions semi-arides du Sahel, du Sahara et dans la Corne de l’Afrique autant qu’en Namibie et en Afrique centrale. Le réchauffement climatique dans ces zones produirait de précipitations pluvieuses imprévisibles et moins abondantes. Cette diminution des pluies, elle pourrait intensifier encore plus les processus de désertification et de réduction de terres cultivables. Dans les forêts pluviales, au contraire, un climat plus sec augmenterait en pourcentage le risque d’incendie et donc des conséquences très graves pour les populations de ces régions africaines. Mais l’augmentation de température, elle aurait d’effets aussi dans les régions côtières. Avec l’élévation du niveau de la mer, par exemple, les villes comme Lagos, Alexandrie d’Égypte ou Cap Touwn en Agrique du Sud seraient exposées plus aux tempêtes et à des inondations.

Pour ce qui concerne, en revanche, le calendrier temporel par lequel ceux-ci et d’autres effets ils se feront entendre, il affirme Robert Molteno, les recherches scientifiques sont en train de devenir de plus en plus précises au niveau général, mais ils restent encore des incertitudes sur les territoires spécifiques ou sur des régions microclimatiques déterminées. Cependant, il est déjà devenu clair qu’en Afrique aujourd’hui le climat est plus imprévisible. Les phénomènes atmosphériques de très grande intensité sont augmentés et les précipitations pluvieuses sont diminuées. L’Afrique n’ayant jamais été dans le passé la responsable pour le relâchement dans l’atmosphère des gaz qui ont altéré le climat, elle se trouve victime aujourd’hui d’un phénomène mondial sur laquelle n’a pas d’autorité. Aux habitants des 52 États du continent il restera le difficile problème de quelles «mesures d’adaptation» prendre afin de réduire les conséquences que le réchauffement de la planète lui renversera sur leurs têtes.

Antonio Torrenzano