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Conversation avec:
**Martha Nussbaum est professeur de droit et éthique à l’Université de Chicago.Elle a enseigné près des Universités de Harvard, Brown et Oxford. De 1986 à 1993, Martha Nussbaum a été chercheuse auprès du World Institute for Development Economics Research, de l’université des Nations Unies, à Helsinki.Elle est auteur des nombreux essais, dont Cultivating Humanity:“A Classical Defense of Reform in Liberal Education.”(1997),Sex and Social Justice” (1998), “Women and Human Development” (2000), “Upheavals of Thought: The Intelligence of Emotions.” (2001)
**Wassyla Tamzali, avocat, écrivain, fonctionnaire international à l’agence UNESCO des Nations Unies à Paris où pour une vingtaine d’années elle a été le directeur du département des droits humains pour les femmes.Elle est actuellement présidente de l’organisation non gouvernementale Maghreb Egalité à Alger.

 

Antonio Torrenzano.Quels sont les obstacles à une plus grande participation des femmes du Sud du monde à la vie politique, économique, sociale et culturelle?

Martha Nussbaum.Le sujet principal de mon travail de recherche a toujours été comparer la théorie du développement et les discriminations sexuelles. Une fillette qu’aujourd’hui elle naît en Suède, elle a une expectative à la naissance de 79 ans, la même fillette qui naît en Sierra Lione, elle a,au contraire,une expectative de vie de 38 ans. Le PIB par tête en Suède est d’environ 41.000 euro, en Sierra Lione de 490 dollars. L’index d’alphabétisation de la population, en âge adulte dans les 20 pays les plus riches du monde, est presque au 99 pour cent. En Sierra Lione, il est au 36 pour cent. En autres 43 nations, c’est-à-dire un quatrième des nations de la planète, l’alphabétisation des femmes est le 15 pour cent moins respect à celle des hommes. Comme j’ai montré avec ceux donnés, la chance de naître dans un déterminé Pays plutôt que dans un autre, il conditionne les probabilités de vie de chaque fillette qui vient au monde. Ces disparités généralisées et mondiales, ils soulèvent problèmes éthiques urgents et ils font émerger problèmes de justice éthique sociale. Qu’est-ce qu’il a produit l’économie du développement à propos de tels problèmes ? Pratiquement rien jusqu’aux années 1990.Pour beaucoup de temps, l’approche à la pauvreté dans le développement économique international a été pratiquement imperceptible aux différences de genre femmes-hommes. La situation de la femme dans les pays les plus pauvres est une condition particulièrement inique.De plus, tel phénomène est accentué entre les femmes auxquels est souvent inculqué, par la culture dans laquelle elles grandissent, de ne pas avoir aucun droit à demander, car ce droit est réservé aux hommes.

Antonio Torrenzano.Pourquoi la voix des femmes dans les gouvernements africains est-elle absente?

Wassyla Tamzali.Simplement pour une raison de justice,les femmes sont différentes politiquement des hommes. Elles ont la plus grande sensibilité qui l’apporte à analyser le problème sous multiples aspects. Dans le continent africain, il faut avoir une majeure participation des femmes en politique, aux décisions de gouvernement. L’Afrique a besoin des femmes pour qu’elles puissent apporter nouveaux éléments à la gestion politique, au dialogue dans la communauté internationale, à nouvelles relations entre les États. Les femmes ont nouvelles valeurs, éléments manquants dans ce panorama politique. Évidemment pour parler du rôle de la femme dans la pensée africaine, il faut se confier à l’évolution historique du continent et aux siennes trois époques:celle pre coloniale,l’époque coloniale,la période post coloniale.L’identité et le rôle de la femme en Afrique ont eu un rôle important dans la période pre coloniale.Annie Lebeuf, une de spécialistes les plus influents de la femme africaine et de son rôle dans l’organisation politique des sociétés, elle décrit la femme comme terre,mère du territoire où elle déroule son action politique, reine. Déjà au XVI siècle, dans certaines sociétés africaines,existaient cercles et comités féminins où elles discutaient et résolvaient problématiques du tout féminines.Dans la période coloniale et successivement dans la période moderne, tous les préjugés que le colonialisme avait importés aux soins de l’identité de la femme commencèrent à se développer de manière négative. Dans la période moderne, avec l’entrée de la femme africaine dans l’univers féminin mondial, on pourrait parler de sa soumission et exclusion presque totale malgré les capacités montrées en passé.La situation est empirée après l’an 2001 et aujourd’hui, nous nous trouvons dans une situation de conflit et état de guerre permanente. L’aggravation des événements a barré la possibilité d’avoir une paix et une démocratie durables. Les gouvernements africains,effrayés par ces événements, ils ont blindé le dialogue. Aujourd’hui, nous ne parlons plus de démocratie, mais de paix parce que la construction de la démocratie est actuellement impossible.Quand ce sont les arme à parler, il signifie que la diplomatie c’est-à-dire le dialogue il a fait faillite. La femme africaine aujourd’hui est tourmentée par le problème de son identité, elle doit trouver son espace et avoir une image claire de soi-même.

Antonio Torrenzano.Une reconstruction historique du rôle de la femme dans l’organisation politique et sociale des premières sociétés africaines montre que les femmes du continent africain,avec le passer du temps, ont perdu leur identité et les responsabilités une fois leur confiez.Comment pourrait-on redécouvrir leur participation ?

Wassyla Tamzali.Aujourd’hui, la femme africaine se trouve à une bifurcation entre tradition et modernité. Le vrai et premier asservisseur de la femme en Afrique est le sous-développement. Tant qu’elle restera écrasée par cette réalité, il sera difficile ou impossible pour elle s’unir au choeur de l’univers féminin mondial et pleurer après la domination masculine comme vrai ennemi à battre. La soumission de la femme africaine est un problème de sous-développement.La polygamie n’est pas problème de tradition plutôt un problème provoqué par le manque de technologies proportionnées dans l’administration de la société. L’introduction d’un registre d’état civil informatisé, par exemple, où on pouvait enregistrer tous les mariages, il se suffirait déjà pour empêcher les hommes de se marier plusieurs fois. Cette simple hypothèse d’application pourrait constituer déjà un point de départ.Idéalement chaque femme africaine voudrait être la seule femme du propre mari, mais en manque de cette possibilité, car la nubilité ne lui offre pas une option valide pour espérer dans une vie digne, l’unique possibilité pour avoir une identité ou entendre un sens d’appartenance, est accepter d’être une seconde ou troisième femme.Je crois encore que les idées comme “développement” et “féminité” n’ont pas de connotation universelle et elles n’ont pas d’application et une interprétation universelle en conséquence.Ils sont des idées que nous pouvons concevoir et donner le juste sens seulement dans chaque culture, tradition et évolution historique. Un modèle unique d’oppression de la femme africaine n’existe pas par exemple.Il devient donc indispensable apprendre à distinguer entre les vrais besoins de ces faux, entre les droits humains niés, les violences et les régressions, entre les valeurs importées et imposées comme les meilleurs et la culture africaine dans son authenticité et primordialité.

Antonio Torrenzano.Est-ce que vous envisagez des possibles solutions ?

Martha Nussbaum.Les rapports sur le développement humain de l’ONU montrent comme les femmes sont désavantagées en plusieurs secteurs.Dans l’éducation, dans la santé, dans les droits politiques. Les femmes ont une égalité politique formelle, mais elles ne sont pas représentées de manière proportionnée.Les raisons sont complexes:discriminations sexuelles, opportunités économiques moins avantageuses des hommes, mais aussi le travail qui affronte à la maison:elle déroule, en effet, encore une grande partie du travail de soin direct aux enfants et aux personnes âgées. C’est difficile alors pour une femme profiter des opportunités qui existent dans d’autres domaines de la vie. Aujourd’hui,il s’agit de trouver la solution afin de reconnaitre la responsabilité et l’effective égalité aux femmes comme citoyennes et travailleuses. Trouver des solutions à partir du point de vue des femmes, de ce qu’elles peuvent ou elles ne peuvent pas faire, de ce qu’elles peuvent ou elles ne peuvent pas être. Par ce parcours, il signifie proposer le test le plus sévère et rigoureux des politiques publiques.

 

Antonio Torrenzano

 

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Alain Touraine

 

La rencontre et la conversation avec Alain Touraine, Directeur d’Etudes à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, a eu lieu au mois de mars 2007 auprès de la librairie des femmes de Milan. Alain Touraine est docteur honoris causa des Universités de Cochabamba (1984), Genève (1988), Montréal (1990), Louvain-la-Neuve (1992), La Paz (1995), Bologne (1995), Mexico (1996), Santiago (1996), Québec (1997), Córdoba (Argentine, 2000).

Antonio Torrenzano.Nombreaux sociologues croient que les mots “acteur social” ou “sujet social” soient des idées dépassées et obsolètes pour analyser notre temps présent. Je crois,en revanche, que dans cette négation s’exprime une approche qui empêche de comprendre tout ce qui arrive dans la société et, dans son importante partie, qui est représentée par les femmes.

Alain Touraine. Il s’agit d’une vision semblable à celle-là qui s’imposait quand on niait qu’une conscience ouvrière existât en soutenant qu’elle n’était pas autre que la conséquence de la soumission totale des travailleurs au capitalisme.Pour démentir cette subaltérité et pour relever l’autonomie de la classe ouvrière, je suis allé à écouter et à relever ses formes d’expression dans les endroits de travail (usines,mines, chaînes de montage). À la même manière, pour connaître la pensée et le vécu des femmes, je suis allé encore une fois sur le terrain à voir.J’ai adopté une méthode peu utilisée en redécouvrant ce que les femmes pensent,elles font. Leur pensée est différente, pour ne pas dire opposée, de ce que les médias déclarent, disent ou elles fassent. J’ai écouté femmes différentes entre eux et des attentions particulières nous l’avons réservé aux femmes musulmanes qui se sont concrétisées après dans un travail de recherche complémentaire. Quand nous avons demandé à celles, que nous avons rencontrées, de se présenter: toutes ont dit, comme première chose, d’être femmes en déclarant comme leur objectif principal fosses ce de se constituer comme sujet.Entre les buts de ma recherche il n’y avait pas ce de parler des femmes,mais ce de montrer surtout que les femmes sont créatrices d’une nouvelle culture et, en second lieu, de définir la nature historique et sociale du renversement qui propose. Les femmes, en agissant comme actrices sociales, ils mettent en évidence leurs objectifs, les conflits qui les intéressent et le désir d’être sujets sociaux de leur existence.
Je suis une femme: cette la réponse de toutes au début de chaque entretien. Cette affirmation n’était pas seulement la réponse à une question, mais elle était la définition d’une donnée de fait affirmée avec un ton qui excluait la possibilité de se définir de manière différente (par exemple comme victimes, même si beaucoup d’eux avaient subi violence et injustices). Une donnée de fait et, ensemble, une volonté d’être qu’il met au centre de la vie un déterminé rapport avec soi-même,la construction d’une image de soi comme femme.
L’indicatif présent “je suis”, il n’approuve ni il refuse aucune interprétation. On ne peut pas le classifier ni en bas ni en haut. Ni à droite ni à gauche. Il n’est ni à faveur ni contre. Mon départ a été l’expérience des actrices interrogées sans d’autres abstractions. Je suis une femme signifie qu’autour à mon identité se construisent mes comportements et se coagulent mes jugements qui sont prouvés s’ils renforcent ma conscience d’être surtout une Femme et, négatifs, quand ils la cachent. Être femme est une affirmation primaire qui confère un signe prioritaire au rapport avec soi-même respect à ce avec l’autre, c’est-à-dire avec l’homme.Être femme pour celles que nous avons écouté, il signifie qu’elles existent avant tout à travers soi-même et pour soi-même et, tout cela, il vaut aussi pour celles qui sont conscientes de se trouver dans une condition de dépendance.Les interviewées n’ont pas quelques-uns doute sur la différence biologique et sur le différent rôle déroulé par les hommes et les femmes,elles affirment que central il est la subjectivité. Il ne s’agit pas de défendre la féminité comme un ensemble de comportements typiques des femmes et distingués par ceux des hommes, il s’agit d’avoir au centre de propres intérêts, un rapport créateur avec soi-même.

Antonio Torrenzano. Les femmes d’aujourd’hui quoi entendent-elles, quoi veulent-elles respect aux féministes d’hier?

Alain Touraine.Ces femmes, qui sont souvent critiques vis-à-vis des féministes, elles vivent dans une société qu’elle a été vraiment transformée du féminisme. Comme le mouvement ouvrier qu’on a pu développer seulement quand les ouvriers se sont mobilisés pour la propre autonomie; l’affirmation et la prise de conscience, en sens positif, d’être femme a permis de devenir à toutes les femmes d’héroïnes de la propre vie.L’affirmation du soi comme actrice sociale dans la société contemporaine refuse la conception basée sur le manque, sur l’aliénation, sur l’incapacité. Les femmes d’aujourd’hui manifestent une certaine irritation vers le féminisme qui semble à toutes elles complètement intégré dans le monde politique.Il est aussi évident que la dénonciation vague ou généralisée du pouvoir masculin, c’est très différente de l’affirmation d’une conscience du soi.Je veux encore insister sur cet échange de perspective que l’affirmation je suis une femme porte avec soi-même, un échange qui ne concerne pas seulement quelques-unes, mais toutes. Je suis une femme, dans son évidence, c’est l’affirmation radicale de cette conquête de la subjectivité de la part des femmes. Dans le passé, quelques théologiens doutaient même que les femmes eussent une âme,aujourd’hui les femmes sont conscientes d’être actrices morales, libres, responsables.

Antonio Torrenzano. À une femme, je dois l’idée de culture,de l’unicité de toutes les histoires humaines, impossibles à répéter à chaque latitude et longitude. Que la vie est une résistance continue. D’être infiniment délicat, jamais individualiste, à pas donner jamais rien pour escompté et à ne pas prévoir insignifiants sentiments.Que les paroles, circulantes comme sang dans le corps, portent oxygène, nourriture, renouvellement de la vie.

Alain Touraine.Je ne réussis pas à répondre à la question qui jaillit de sa constatation. Je suis une femme, il veut dire:j’ai le droit d’être,d’attribuer à cette affirmation le contenu choisi par moi. Ce choix c’est une preuve de ma liberté, de ma capacité de me définir moi-même, de me comporter et de me juger respect à moi même.Nous sommes devant à un nouveau mouvement culturel, à un événement de masse, qui franchit âge et classes sociales et qui fait allusion à un changement profond de notre culture. Il est évident que toutes les femmes interviewées n’ignorent pas les fonctions attribuées de la société à leur nature, mais l’identité qui affirme ce n’est pas seulement le refus de la domination sociale;elles affirment leur subjectivité sociale et, donc,la capacité de penser, agir, espérer pour soi-mêmes.Les femmes parlent peu des hommes ou, de toute façon, moins du prévu et elles tendent, de moins en moins, à pas se définir respect aux hommes en mettant l’accent sur la nécessité d’espaces et de moments séparés, pas mixtes. Les sujets de la différence, de l’égalité, du mélange ils suscitent encore passions et discussions, ils influencent les changements législatifs ou les obstacles qui s’opposent cette subjectivité sociale.La plus grande partie de discours féminine est progressiste. Elles critiquent l’inégalité, elles revendiquent le droit à la différence. Cette défense simultanée de l’égalité et de la différence il nous semble le coeur du féminisme.Nous aurions pu demander aux femmes de s’exprimer sur ces grands sujets, mais nous avons, par contre, laissé libres de nous parler de ce qu’elles voulaient en enregistrant une grande distance entre ces vieux débats et les discours d’aujourd’hui. Une distance que politiquement, elle va relevée. Quand nous les avons invitées à commenter l’opinion selon laquelle, en étant tous les êtres humains égaux , prendre des mesures exclusives pour les femmes j’équivaille à violer le fondement même de l’égalité, ils ont observé que l’inégalité traditionnelle est encore trop présente. Reconnaître la différence est, pour elles, nécessaire. Penser la dualité sexuelle, elles disent (selon la formule de Sylviane Agacinski), il exige qu’on reste dans la différence, sans la résoudre en pensant l’altérité sans prétendre à la réduire à la similitude ou à l’identité. Admettre que les gendres sont déterminés, il ne peut pas et il ne doit pas socialement porter au refus de la différence entre les sexes.

Antonio Torrenzano.Je crois que cette constatation est importante pour les femmes, mais aussi pour la pensée sociologique. Aujourd’hui, l’analyse sociologique a le devoir de se libérer de la vieille conception qui portait à expliquer les comportements individuels et collectifs seulement à travers l’organisation sociale, économique et politique.

Alain Touraine.Bien que ce devoir soit ingrat, je chercherai, donc, de fournir une réponse sur la nature de cette conscience du soi-meme.La “femme reproductrice”, la “femme repose du guerrier”, la “femme éducatrice des fils”, la “femme agent publicitaire qui expose le propre corps” détruit la conscience qui ont les femmes du soi-même au tel point qu’il est très difficile d’apercevoir dans ces illustrations le désir d’une volonté d’affirmation.La conscience du soi-même comme sujet, c’est -avant tout- un dispositif de protection contre le système dominant. Le temps des femmes est maintenant venu pas parce qu’elles se sont simplement libérées, mais si jamais, parce qu’elles ont une nouvelle culture qui peut transformer la vie et les dispositions de tous. Aussi des hommes.Le sens de la vie donné par les femmes s’adresse pas vers le plaisir ou la consommation.Aujourd’hui, la grande seule idée possible dans notre société de conquête est de réintégrer ce qui a été divisé, de réunir ce qui a été polarisé. Aux femmes, en particulier, que c’étaient une catégorie pour excellence dominée, privée de subjectivité, il intéresse reconstruire une société plus humaine et intégrée et, qui ne se base pas, sur la logique de la machine à vapeur.Elles ont cette conscience d’avoir une vision du monde, de la vie… et sans aucune agressivité.

Antonio Torrenzano

 

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Il y a tant d’histoires qui n’ont pas pu exister aujourd’hui. Tant de paroles pas dites, tant de chansons qu’on à l’oubliées de fredonner, tant de rêves qui explosent de tout lieu et de nulle part! Le monde va comme il va. On peut ne pas y penser, la vie passe et elle finit avec la fin. Autrement on sort des stéréotypes, on essaie de penser, on ose imaginer quelque chose de différent, moins détestable. Nous ne sommes plus ce que nous sommes. Nous sommes devenus une image utile au système du marketing actuel.Peut-être le profil de nos fantômes.

Mais celle que je note dans ces suggestions c’est une histoire actuelle, réelle.C’est la vie de deux jeunes amoureux qui veuillent d’autre.Une histoire d’amour irrésistible entre ciel et terre, sur les câbles du réseau net, sur les flux UMTS des mobiles,par nombreux courriers électroniques. Voyages entre la France et l’Italie. Une histoire d’amour, une histoire de deux biographies modernes et anciennes en même temps. Anciennes comme un roman du XVII siècle, très actuelle parce que vécu à la vitesse de la lumière de notre aujourd’hui. C’est l’histoire de deux jeunes âmes de notre temps présent, c’est l’histoire de Fanfan et Pierre.

Qui est-elle Fanfan, qui est-il Pierre? Fanfan a 19 ans, étudiante en sciences mathématiques, elle joue au piano.Fanfan a deux yeux noirs,elle est mince, une taille fine, cheveux d’ange,italienne,un charme de fille de plaine. Quand Fanfan se promène, ses pas sont si légers qu’elle semble jamais toucher par terre. Encore, Fanfan ressemble dans une manière stupéfiante à une autre musicienne, Hélène Grimaud son héroïne. Pierre est plus âgé que Fanfan, il a 28 ans, français,il étudie économie éthique,il écrit sans grandes illusions, il rêve Fanfan tout le temps… encore, il vit à Paris. Catholiques les deux, pèlerins de l’absolu, ils ont toujours eu le besoin de vivre leurs vies avec cruelle cohérence et, faire coïncider par millimétrique précision, clarté intellectuelle et la pratique existentielle. Ils sont deux âmes en recherche, agitateurs d’idées, mais pas pour ça abstraits dans leur manière de vivre, atemporels, en dehors de leur temps. Passionnés les deux de la musique classique, mélomanes les deux, Pierre a connu Fanfan pendant un erasmus universitaire en Italie.Les deux aiment encore les textes de Maurice Bellet, philosophe et théologien à l’Université Catholique de Paris et, en connaissant personnellement l’enseignant, Pierre et Fanfan participent au forum de l’auteur par le net.Malgré le jeune âge de Fanfan et Pierre, les deux vivent sereinement leur dimension temporelle, mais sans la myopie de qui est trop immergée directement dans les problèmes du présent et perd la vision du futur. Les deux, ils se répètent toujours non habemus hic manentem civitatem (nous n’avons pas ici notre citoyenneté permanente). Quand ils se rencontrent, leur commencement a des charmes inexprimables. Ils savent que l’amour n’est pas une marchandise. C’est un projet de vie, engagement authentique,fonction sociale, acte de foi certain, confiance dans l’autre biographie pour parcourir le trottoir étroit de la vie.

 

Les deux ont les mêmes coordonnées pour ce qui concerne le chemin intérieur et intellectuel.Ils ont le même rêve, la même vision de la vie: aimer la personne élue, partager la propre biographie avec l’autre biographie, l’amour absolu, être éternels ensemble. Fanfan dit à Pierre: “cherche-moi en toi, comme ton tu. Cherche-moi en toi, cherche-moi donc comme tu es. C’est toi qui me cherches et c’est toi qui me trouves non comme un autre, mais comme un tu dans l’intimité de ton être. Cherche-moi en toi comme ton tu plus profond.Tu ne peux plus te chercher dans les choses. Tu ne peux pas non plus et seulement te chercher dans une idée transcendante. Tu dois te chercher en moi et cela te permettra d’être ce que tu es. Tu dois te chercher en me cherchant”.Si une moitié de Pierre, de sa part, désirait que cela ne se produise pas, l’autre moitié le désirait ardemment. L’amour pas encore vécu, trop et tant attendu, était là. Long fut le silence qui gèle le son d’une phrase très redoutée ou très désirée, pour le meilleur ou pour le pire, tandis que le cerveau se tait,que le corps reste paralysé, que ne peuvent bouger ni les bras, ni les jambes, ni la tête, ni la langue; il n’y a que le coeur qui bat. Puis, des profondeurs d’une volonté retrouvée, nait une impulsion dont on ne saura jamais ce qu’elle est. Fanfan était là ! C’est qui est cruel dans l’amour, c’est que d’habitude on est touché au moment où l’on croit s’en être tiré; dès qu’on se distrait, ou que l’on se sent en sécurité, la balle arrive.Pierre, dans un souffle de voix,murmure: “j’ai été seul si longtemps. Je ne veux plus être seul. Le temps m’appartient avec toi. Il faudra bien que je t’aime pour toujours. Nous sommes deux pèlerins, mais faire un pèlerinage n’est pas voyager vers une destination connue,encore moins faire une excursion touristique à la recherche de sensations exotiques. T’aimer et partager nos vies c’est se mettre en chemin vers l’aventure risquée de l’être et du non-être. Moi aussi, je chercherai ton tu plus profond”.

Le sentiment de Pierre et Fanfan est encore aujourd’hui un amour fait des mots, beaucoup de mots, regards timides, petits baisers, projets. De tendresse et gentillesse, de respect très haut,de l’orgueil qui vibre quand ils se promènent main dans la main. De comme c’est beau aussi se rendre compte que quelqu’un sourit en le regardant. Ils ont librement choisi l’abstinence et la chasteté.Et quand je repose la question du choix, ils me répondent avec des vers de Albert Camus et pas par des mots d’un théologien:“la sexualité ne mène à rien.Elle n’est pas immorale mais elle est improductive. Mais seule la chasteté est liée à un progrès personnel.” Ils aiment dans une manière têtue, je dirais presque en direction contraire et obstiné pour l’air sentimental de notre temps actuel.En deux ans ils ont brûlé 1000 shorts message, 500 messages par courrier électronique c’est-à-dire plus de 100 mégaoctets formatés en mots, équivalents à deux-mille lettres interligne zéro, 150 lettres anciennes, 55 cartes postales. Pierre et Fanfan dans leurs mobiles gardent encore tous leurs shorts message. Dont de deux de ceux-ci je suis resté stupéfait, les vers de Nazim Hikmet, titrés 1942 que Pierre a envoyé à Fanfan: “Le plus beau des mers, il est ce qui ne naviguâmes pas.Le plus beau de nos fils, il n’est pas encore grandi.Le plus beau de nos jours,nous ne les avons pas encore vécus. Et ce que je voudrais te dire de plus beau,je ne te l’ai pas encore dit.

L’autre de Fanfan, les vers de l’écrivain italien Erri De Luca,titrés J’attache de la valeur:
J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.
J’attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.
J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.
J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de choses.
J’attache de la valeur à toutes les blessures.
J’attache de la valeur à économiser l’eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’assoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.
J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive.
J’attache de la valeur au voyage vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quel que soit sa faute.
J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.
Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.”

En deux ans Pierre et Fanfan ont voyagé entre la France et l’Italie plusieurs fois, plusieurs fois ils se sont promenés dans les beaux jardins anciens de deux Pays toujours main dans main, toujours les doigts de Fanfan ont cherché et serré les doigts de Pierre pour lui dire qu’il n’est pas seul et son visage, chaque fois, s’est illuminé en disant : “je sais. C’est beau de vivre ensemble le défi”. Encore aujourd’hui ce jeune couple est un ciel bleu, un émail bleu.Ils s’aiment comme ils se sont aimé deux amoureux au 18eme siècle avec le même sentiment de désespoir et frustration quand l’un n’écrit pas à Fanfan ou elle reçois en retard nouvelles de Pierre.La technologie cette fois n’a pas été un média mécanisé ou inhumain.

Pourquoi écrire leur histoire? Parce que c’est difficile de vieillir sans une cause.

 

Antonio Torrenzano

 

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*Special thanks to Dorothea Lange

Avec les femmes j’ai une incommensurable dette. Sont-elles qui m’ont éduqué sans le besoin d’affirmer ma différence de genre. Sont-elles qui m’ont fait apprendre que chaque individu est composé d’une multiplicité de couleurs, qu’entre le noir et le blanc il y a la tonalité infinie de gris à discerner et savourer. À une femme, je dois les enseignements les plus anciens: l’engagement intellectuel,la rigueur, l’espoir. Je dois l’enseignement de la cohérence qui n’est pas un gadget. Je dois la raison pure et la sincérité absolue qui sont valeurs.

 

À une femme, je dois l’amour soutenu pour m’être fait apprendre la patience et la vision du temps. D’un hier pas seulement rêvé, de demain pas comme d’une simple vision. Je dois la gestion de l’aujourd’hui aussi, qui fait de chaque hier un rêve heureux, de chaque avenir une vision d’espoir. Les maîtres de ma vie ont été des femmes, les points de repère sont encore femme, mon étoile polaire, mon nord est une femme. Elles m’ont éduqué avec patience, elles m’ont donné la créativité, l’originalité, l’audace, la force qui a seulement une femme.

 

À une femme, je dois l’idée de culture,de l’unicité de toutes les histoires humaines, impossibles à répéter à chaque latitude et longitude. Que la vie est une résistance continue. D’être infiniment délicat, jamais individualiste, à pas donner jamais rien pour escompté et à ne pas prévoir insignifiants sentiments.Que les paroles, circulantes comme sang dans le corps, portent oxygène, nourriture, renouvellement de la vie. Que l’amour est intimité, complicité, respect haut, écoute intense, refus de tout ce qui est vulgaire, médiocre, bas. Que l’amour est toujours un visage qui s’approche à un autre visage, des yeux émus qui si noient dans d’autres yeux émus,des bras hésitants qui cherchent d’autres bras hésitants, comme la beauté de deux enfants lors de leur première rencontre amoureuse.

 

À une femme je dois mille réflexions, dont qui ne faut jamais perdre la curiosité et garder la saison de l’adolescence pour se considérer homme. Je dois la thèse, toujours à expérimenter, qu’un homme est un homme, qu’il est fait de générosité et d’égoïsme, de courage et de faiblesse, de logique et d’incohérence. Je dois l’idée de bonheur.Je dois l’idée d’utopie, de l’harmonie, du respecte des hérétiques, des minorités, de l’humanisme de l’autre homme, de la diversité comme expérience que nous nous traverses. Du défi avec le temps: l’avenir désirable pour nous et nos fils; le passé des consignes et des espoirs des pères.Le désir de créer un monde et sociétés nouvelles,de la liaison entre le rêve et la raison, du pacte qui serre poésie et utopie dans le désir de l’éternité.

 

Il a y eu femmes qu’ils m’ont détesté et se sont opposées, mais par d’autres femmes ont été réprimandées.À toutes les femmes que j’ai rencontré dans mon chemin et, à toutes les autres que je rencontrerai, merci. Merci à Isabelle, Trilly, Fanfan, Martine, Marie-Thérèse, Denise, Annie, Denise, Colette. Merci encore à Dorothea Lange que dans le déclenchement d’une photo, elle a raconté la sagacité, la ténacité et la force de croire à l’avenir de toutes les femmes.

Antonio Torrenzano

 

 

 

 

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riccardo petrella
Riccardo Petrella est professeur à l’Université Catholique de Louvain (Belgique) où il enseigne «La Mondialisation» et «La Société d’information». En 1967, il travaille à Vienne (Autriche) au Centre européen de Recherches en Sciences Sociales de l’UNESCO dont il sera nommé Directeur en 1970. Ses champs de recherche sont le développement régional, l’innovation technologique, la recherche comparative transnationale.En 1978,il rejoint la Commission Européenne dans le cadre du Programme FAST (Forecasting and Assessment in Science and Technology).Directeur de ce programme de 1979 jusqu’en 1994.Conseiller à la Commission européenne en matière de politique de la science et de la technologie entre 1997 et décembre 2003. Il a été aussi le fondateur en 1992 et premier secrétaire général de la European Interuniversity Association for Education on Society, Science and Technology (connue en tant que ESST) regroupant 15 universités européennes.Il a été également pendant trois ans professeur au Collège d’Europe à Bruges et à l’Université de Liège. Il a été “Visiting Professor” dans plusieurs universités au Canada, aux Etats-Unis, au Brésil, en Argentine, en Corée du Sud et dans de nombreux pays d’Europe occidentale. La rencontre et la conversation a eu lieu à Rimini auprès du Centre international de recherche Pio Manzù.

Antonio Torrenzano.Chaque société doit maintenir une grande capacité d’utopie, de projet utopique pour bien garder les règles politiques et sociales fondamentales.L’école,l’université, ils sont des points de repère pas irremplaçables.L’éthique et le droit, ils sont à la base de la définition de la responsabilité, surtout de la collectivité. Je pense encore que la nouvelle responsabilité doive s’exercer dans la comparaison principalement du droit à l’éducation pour tous ?

Riccardo Petrella : L’éducation a été transformée dans un système de formation continue qui doit servir principalement à maintenir utilisables et rentables les ressources humaines du Pays. On peut affirmer que le système éducatif n’éduque plus, mais il forme. Chacun de nous doit être formé pendant toute sa vie “économique” comme “ressources humaines”. Parce que plus les changements technologiques accélèrent le changement et la durée de vie, dès nos savoirs et nos compétences ils se réduisent. En conséquence, les ressources humaines deviennent obsolètes rapidement, donc pas rentables.Le système d’éducation a été réorienté et centré sur la formation des ressources humaines au service des besoins de l’économie et, plus spécifiquement, pour les besoins de grandes et moyennes entreprises et la concurrence sur les marchés internationaux.Il ne se traite pas plus d’ex-ducere, c’est-à-dire d’une éducation qui cherche faire sortir la créativité de chaque personne, de la faire grandir. Nous pouvons encore trouver tout ça au dans l’école élémentaire et secondaire, mais quand on arrive déjà à l’enseignement professionnel ou à l’enseignement supérieur et universitaire, on pense désormais en termes de formation de la ressource. Aux États-Unis et au Canada, après l’explosion de l’informatique et du multimédia, l’éducation est devenue un marché particulièrement riche. Je ne parle pas seulement du secteur privatisé des business schols, mais aussi de l’ensemble du monde de l’éducation et de la formation. Maintenant, il ne se parle que de marché de l’éducation,marché des produits,services pédagogiques,marché des professeurs et des étudiants.Le premier Salon mondial de l’éducation, le World Education Market qui s’est tenu du 23 au 27 mai 2000 au Vancouver au Canada, il a mis en évidence un vaste consentement entre tous les acteurs publics et privés provenant de chaque partie du monde, sur les inévitabilités de la marchandisation et industrialisation de l’éducation.Pour les participants au Salon, la situation est claire,ils n’ont pas plus doutes: l’éducation est une marchandise;l’éducation est une bien économique. Le problème principal est comprendre qui produira ces biens sur quels marchés mondiaux et avec quelles règles.

Antonio Torrenzano.La banque d’affaires américaine Merrill Lynch affirme que le secteur de l’éducation changera très vite d’ici au 2025. Croyez-vous?

Riccardo Petrella. Au-delà de la forme principale qui est en train de prendre le marché du savoir (l’école virtuelle, universités virtuelles sur le net), on est en train d’assister aussi à un massif développement des universités d’entreprise, de chaque type et qualité.Ces universités sont fréquentées par dizaines de milliers d’étudiants intéressés pas à obtenir un diplôme, mais à recevoir une formation d’un institut lié directement à l’entreprise qui pourrait devenir leur futur employeur.Le situation qui semble avoir le vent en poupe en Amérique du Nord, elle est ce d’un système d’éducation organisé sur bases individuelles,par internet, variable dans le temps, pour toute la vie et dans les contenus partout : à la maison, dans les bureaux, dans les usines.Selon la Banque Mondiale on assistera à la diffusion des “click university” en substitution, de traditionnels “bric university”. Selon les prévisions de la banque d’affaires américaine Merrill Lynch, le numéro des jeunes qui suivront études supérieures dans le monde montera à environ 160 millions vers 2025. En 2000 ils étaient 84 millions dont 40 suivait déjà un enseignement on line, chiffre considérable. Il est facile alors imaginer ce qu’il pourra devenir ce marché entre un quatrième de siècle.

Antonio Torrenzano. Avec quelles règles ?

Riccardo Petrella. La faillite du Millenium Round du WTO, à Seattle, dans le décembre 1999, il a empêché d’appliquer à l’éducation les débuts du libre commerce. Mais la libéralisation et la dérégulation du secteur éducatif sont rentrées par la fenêtre, remises à l’ordre du jour pendant les négociations du GATS, General Agreements on Trade of Services, initiés dans le septembre 2003. Même si au mois de juillet 2006, il a été une fumée noire pour l’ensemble des négociations WTO, le risque que l’éducation soit insérée dans le GATS est un problème ouvert. Dans les couloirs de la Commission Européenne à Bruxelles, nombreux continuent à donner pour escompté, dans les prochains ans,la privatisation des amples secteurs de l’instruction.Ces tendances sont restées particulièrement fortes dans les derniers vingt ans aussi en Europe.Plusieurs instituts éducatifs sont déjà devenus “entreprises” des savoirs de plus en plus liés aux logiques financières et économiques.Un exemple de cette tendance galopante en Europe? Le premier grand pas politique officiel a été le long travail d’incubation produit à Bologne, siège de la plus vieille université européenne.Travail d’incubation devenu après un protocole par une conférence européenne des recteurs où 350 d’eux ont signé pour la mise en place. Ce choix fondamental a été confirmé par toutes les ministres de l’Éducation de l’Union Européenne dans le cadre de la déjà cité “stratégie de Lisbonne.” Malgré les efforts d’une bonne partie des éducateurs, le système éducatif est porté à privilégier la fonction de sélection des meilleurs, plutôt que celle de valoriser les capacités de tous les étudiants. Les responsables des instituts reconnaissent l’existence et l’ampleur de ce piège.Il est désagréable – ils affirment – mais chacun d’eux ne peut rien faire contre la réalité parce qu’il faut assurer au propre institut la compétitivité dans le marché éducatif.

Antonio Torrenzano.Dans le contexte décrit, il ne reste aucun espace pour le respect de la dignité humaine. Le “chaque pour-soi” est devenu le mot d’ordre de chaque individu, groupe social, organisme, ville, région,Pays. On ne fait pas que constater l’affirmation de l’individualisme sans limites.La pauvreté existe et les inégalités tendent à augmenter. Ce qui est encore plus grave, c’est l’évidence par laquelle les classes dominantes sont entrées dans la logique de pensée selon laquelle il est devenu impossible éliminer les inégalités. Est-ce qu’il y a des solutions différentes?

Riccardo Petrella. Si nous croyons aux discours dominants, la raison d’être du système d’éducation serait devenue (au-delà de la rhétorique persistante sur l’éducation au service du citoyen) celle-là de sélectionner et mesurer la capacité de “création” de richesse des “ressources humaines” en légitimant ainsi de nouvelles inégalités liées au niveau de savoir et de connaissance.Sur ces bases, la fracture numérique (digital divide) exprime l’écart qui se serait crée dans ces derniers ans entre ceux qui maîtrisent les nouveaux outils technologiques, les ressources de l’économie numérique et, par contre, ceux qui sont exclus ou ne sont pas capables.Les premier auraient le pouvoir, toujours croissant,d’influencer l’évolution du système, de manière à assurer la maximisation de leur intérêt, surtout en termes de sûreté et de survivance.La fracture cognitive (knowledge divide) naît de la même pensée idéologique de la fracture numérique. Elle est liée aux thèses dont nous avons amplement parlé avant, sur la transformation de notre économie et société en économie engendrée par la connaissance (knowledge driven economy), et dans une société fondée sur la connaissance (knowledge based society). On ne peut pas ici faire à moins de parler de violence culturelle.On ne peut pas qu’appeler ainsi l’ensemble des débuts des,croyances, des opinions et des propres comportements des dirigeants et des populations des pays du nord. Une sorte de sentiment de supériorité, de principe que nous sommes le monde,la société de l’information, la nouvelle économie,la net-economy, la société de la connaissance,accompagnée par des formes de plus en plus explicites d’indifférence vers le reste du monde, mépris vers les autres. La fracture cognitive est plus profonde et plus ravageuse sur le plan humain,social, politique culturel que de la fracture numérique.Parce qu’elle est basée sur une grosse mystification.Selon les partisans du knowledge divide, la vraie connaissance est la connaissance qui compte sur le plan économique de l’économie capitaliste de marché.Imposer une telle vision de la connaissance est faire non seulement violence à toutes les autres formes de connaissance, mais il s’agit d’un vol aussi de la vie de tous ceux qui n’ont pas la connaissance des dominants. Il signifie voler ainsi l’avenir à milliards d’êtres humains.Les fractures représentent les variantes contemporaines de la division humaine (human divide), imposée par les plus forts. Je crains un monde où nous aurons encore des personnes libres et esclaves, des nobles et plébéiens.J’essaie un sentiment de mélancolie et trahison pour tous ceux qui , dans notre passé, se sont battus pour une société de droit en réussissant tôt ou tard à dépasser, même si au prix de longues batailles et nombreuses victimes, à une société démocratique.

Antonio Torrenzano

 

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e-South Team

*dans l’image Antonio Torrenzano, Fabio Gualtieri et Claudio Poletti membres du Centre de recherche e-South auprès de l’Agence technique UNICRI aux Nations Unies, campus international de Turin.

L’enseignement a la même fascinante propriété du métier de vivre, c’est-à-dire avoir variables physionomies et connaître l’expérience de la métamorphose. Ce qui me propose dans cet écrit, ce n’est pas d’exprimer un corollaire, aspirer à une théorie certaine, mais exposer mes réflexions et le partager avec qui lit. Que rôle devra-t-il avoir l’école dans ces temps globaux? Quels nouveaux objectifs devront-ils atteindre les enseignants ?

J’ai toujours vécu mes procès éducatifs et formatifs avec enthousiasme, passion, rigueur, amour perdu. Refus, comme affirme Lucien Febvre dans son essai, de me soumettre aux pactes avec moi-même, avec qui est laid, bas, vulgaire,non gratuit (…) Avec un sens très haut et résolu du risque, sensibilité, attention à toutes les diminutions dans lesquelles peut tomber victime notre “je”, notre personne.Un respect exigeant et continuellement inquiet de moi-même, un grand sentiment pour la beauté, un parcours porté jusqu’à l’altesse plus pure, à la passion la plus ardente. Je trouve le métier d’enseigner comme celui-ci d’un archéologue qui avec patience et fatigue cherche de trouver, de déchiffrer, donner une voie, une appartenance aux étudiants. Étudiants que comme Ulisse aime chercher, poser plusieurs questions sur son destin, orienter le propre chemin.Le défi de ce métier est former et, pas renoncer, femmes et hommes complètement humains. Cette manière d’entendre les procès formatifs, nous nous sollicite à affronter plusieurs risques, dépasser les obstacles sur la rue de l’avenir le plus obscure en oubliant jamais que la démarche et la croissance ne rencontrent pas toujours un victorieux avancer, mais souvent défaites et fuites humiliantes dans les sentiers les plus étroits de la vie. Comme un archéologue, il faut creuser dans les désirs,dans les luttes du coeur, dans le profond de chaque étudiant. Enseignant aussi comme alpiniste, c’est-à-dire à vivre les idéaux du propre métier avec de l’authenticité et rigueur élevés. Les risques? Ne pas vivre cette lutte avec nous-mêmes,cette comparaison avec les autres sans sensibilité,amour, disponibilité à entrer en contact d’une façon générale avec la réalité, avec les garçons et les jeunes filles,la vie. L’enseignement est devenu alors mon habitus qui m’a accompagné à aujourd’hui en me faisant rester jeune. Toujours jeune en apprenant des vérités que les étudiants expriment à travers leurs rêves, leurs désirs, la façon d’être,l’amitié, la manière de dialoguer. Manière de faire qui exprime quelque chose de nous, qui affirme petites choses sur nous et, seulement en les interprétant ou en cueillant le sens profond, elles ne font pas y perdre le but. Je crois que la dichotomie (selon pour nombreux pédagogues) entre formation intellectuelle et formation de la conscience affective, elle n’est pas seulement possible, mais inévitable.

Le problème sur la possible intégration entre intelligence et affectivité, dans ces derniers ans, à divisé nombreuses écoles pédagogiques, mais aussi beaucoup de mes collègues avec lesquels je me suis mesuré et j’ai travaillé. Nombreux,ils ont toujours cru le coeur comme un méli-mélo, la formation affective des garçons et des jeunes filles comme problématique, un labyrinthe sans un possible fil d’arianne.Et la thèse de départ, c’est-à-dire le rôle du coeur à l’intérieur d’un possible parcours éducatif et son rapport avec l’intelligence, elle restée dans beaucoup de dialogues et comparaisons une thèse sans corollaires. Pour nombreux d’eux la réponse a toujours été le même: on ne peut pas expérimenter, transférer savoirs et compétences dans un hasard de pas clarté, de confusion intérieure qui est dans chacun de nous. Si nous comparons au coeur – ils affirmaient – l’intelligence avec ces précises données et ces parcours logiques, elle nous semble plus rassurante et digne de foi. J’ai, cependant, toujours souligné que le coeur peut exercer sur l’intelligence un considérable pouvoir. Le coeur avec ses vérités, sa force, ses raisons, il peut dépasser le sommeil, la fatigue, les obstacles contraires, les chemins les plus ardus. Libérer les sentiments a signifié dans mes procès formatifs avec mes étudiants, partir de nos sentir pour comprendre quoi nous sommes.

Un coeur pensant est toujours un coeur en chemin vers une conscience haute, un coeur qui tend à l’idéal de perfection, qui a pour limite l’impossible,qui tend à la transcendance, qui apprend à voir la vérité sans avoir la tentation de se cacher. Je pourrais utiliser des expressions différentes, prises au prêt de la psychologie évolutive, maïs l’idée resterait le même. Dans chaque loi évolutive, chaque procès de croissance psychologique, il ya de base un début de transcendance. Cette base est présentée dans chaque ordre de croissance évolutive:dans l’évolution sentimentale, morale, intellectuelle.Se dépasser, il signifie s’évoluer dans chaque domaine, mais chaque domaine du développement humain à besoin de la contribution des autres.L’intelligence qui ne connaît pas les propres sentiments, elle peut se transformer, par exemple, en préjugé; elle peut percevoir la réalité par une manière foulée. Une éthique sans l’intelligence de la réciprocité ne serait pas apte à opérer choix selon critères de solidarité.Un coeur incapable de s’interroger vers les histoires et aux vécus des autres individus ne serait jamais apte à aimer. Ces petits exemples, que je pose à l’attention de tous, ils nous aident à comprendre comme les parcours de la croissance évolutive des jeunes impliquent la nécessité d’une intégration de la dimension affective et intellectuelle. Est-ce qu’ils existent des solutions? Les réponses personnelles que je propose, elles doivent s’orienter vers deux directions. La première est formuler un but, présenter une thèse vers laquelle un commun sentir il peut tendre. Je pense à l’intégration d’un procès d’approfondissement: l’intelligence doit présenter contenus qu’ils aient épaisseur, capable de donner sens, d’être médiations intéressantes et passionnantes.Permettez-moi l’expression: l’intelligence devrait savoir fasciner le coeur.Les sentiments, l’émotion ici représentent la force dynamique du coeur qui doit être attirée par un intérêt extérieur.Une recherche haute et difficile, par exemple, capable de susciter attraction devrait être le préambule indispensable parce que les besoins se transforment en désir.

Une vraie formation du coeur ne serait pas possible toutefois, là où la personne n’était pas éduquée à aller au-delà du sentir des passions simples. La théorie du coeur pensant faillirait, elle resterait une belle intuition poétique ou une aspiration attrayante dans le domaine formatif sans la stimulation au choix de la part des étudiants par l’enseignant.Une stimulation capable de rendre concrètes les aspirations et les idéaux de chaque garçon et jeune fille. Actions orientées à concrétiser et rendre visibles les buts, les décisions à prendre afin que fragments de temps se transforment en histoire.Les coeur peut alors devenir la place intérieure dans laquelle fleurit et se développe une capacité d’aimer les savoirs, parce que disponible à l’engagement, à la fatigue de chercher l’impossible, à une tension intellectuelle durable.Chaque société humaine doit maintenir une grande capacité d’utopie, de projet utopique.Le pragmatisme, le cynisme n’ont jamais contribué à faire avancer la beauté, la justice,la solidarité, les talents… dans ce cas l’éducation. Il est nécessaire avoir encore envie de rêver.

Fabio Gualtieri

Claudio Poletti

Antonio Torrenzano

 

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Zygmunt Bauman

La rencontre et la conversation avec Zygmunt Bauman,professeur de sociologie à l’Université de Leeds et Varsovie, a eu lieu à Reggio Emilia le 29 avril et le 12 mai 2007 auprès du salon international du livre de Turin.

Antonio Torrenzano. Est-ce que comment vous considerez l’Union Européenne à 27 Etats membres? Et l’entrée des Pays de l’Europe de l’Est?

Zygmunt Bauman. Il ya quelque mois, j’ai publié un essai titré “Europe, an unfinished adventure”. Cela s’ouvre avec le rappel aux différents mythes qui expliquent les origines de l’Europe et d’autres récits qui ont accompagné son histoire. Je termine avec la suivante réflexion: Il y a un commune fil rouge qui traverse toutes les histoires, l’Europe est quelque chose qui se découvre; l’Europe est une mission, quelque chose qui va créé, construite,consolidée. Nous devrons avoir encore beaucoup d’imagination, sens du but, dur travail pour accomplir à cette mission. Il s’agit d’un travail, peut-être, qu’il ne finira jamais, une perspective toujours suspendue. L’Europe c’est un endroit d’aventure. D’aventure comme de voyages interminables, entrepris pour la découvrir, l’inventer ou l’évoquer. Les Européens ont toujours été des aventuriers plutôt que un peuple amant du même lieu, des vagabonds infatigables plutot que des timides ou des sédentaires.Un peuple qui a préféré vivre sa vie dans un monde qui ne terminait pas à l’enceinte du propre village.J’imagine que la réponse à votre question soit contenue dans cette citation. Pour les Pays de l’Europe de l’Est commence une nouvelle aventure. Une nouvelle aventure pour les nouveaux venus et pour la vieille Europe,pour tous les deux ensemble. Le développement du futur dépendra de la contribution et de la sagesse de tous les Européens.

A.T.L’Europe doit affronter un autre dilemme: sa croissance économique qui est moins vif de la Chine et de l’Inde, ses coûts du welfare qui augmentent. Dans vos écrits,vous avez souvent réfléchi sur les conséquences tragiques de l’exaspération de la souplesse et de la précarité dans les sociétés contemporaines. Comment, alors, pourrons nous conjuguer le respect pour la dignité humaine et la cohésion sociale sans produire stagnation ?

Zygmunt Bauman. Je me trouve d’accord avec votre diagnostic, avec votre sens d’alarme et avec le fait qui n’est pas facile à résoudre. Une solution est du tout inconcevable tant que nous continuerons à confiner notre pensée dans l’opposition entre la promotion de la dignité individuelle et une économie vigoureuse.L’incertitude peut résulter moins déconcertante et terrifiante d’une façon ou d’une autre, si nous nous demandions quel phénomène a produit cette opposition entre les deux valeurs. Après tout,nous avons eu des longues périodes, dans notre récente histoire, dont les deux valeurs étaient prospères. Nous avions aussi un consentement presque complet (de droite à gauche) sur le fait que l’économie ne peut pas être florissante si pas intégrée et sauvegardée par un état social. Cet-à-dire un contrat d’assurance politique collectif souscrit contre le mauvais sort individuel. L’économie capitaliste pouvait aller avec vigueur seulement si le capital pouvait se permettre d’acheter du travail et le travail était en santé, bien nourri, fort, instruit, pour attirer les acheteurs. Donc fournir aux pauvres et aux individus en chômage une vie digne était vu non seulement comme une éthique demandé mais aussi comme un investissement rationnel et sûr. Cette manière de penser était seulement possible quand tous les fils étaient unis l’intérieur du territoire de l’Etat-nation et quand l’Etat constituait le principal endroit du mariage entre le pouvoir économique (la capacité de produire des choses) et la politique (la capacité d’adresser, gerer, diriger une comunauté vers le futur). Maintenant tous les fils s’entrelacent par contre au-delà du rayon d’action des politiques nationales et la croissante érosion réduit une grande partie de la souveraineté nationale.Le résultat? Une mondialisation purement négative, une globalisation des flux de capital et des marchandises, de criminalité et terrorisme mais pas de la politique qui pourrait contrôler ou corriger.Nous vivons actuellement dans un divorce entre le pouvoir économique et la politique.

A.T. Est ce que vous pouvez mieux expliquer votre analyse?

Zygmunt Bauman. D’un côté, nous avons une politique sans pouvoir et de l’autre un pouvoir émancipé par le contrôle politique. Le pouvoir économique flotte dans une place globale, pendant que la politique reste locale comme avant. Il est dans ce hiatus entre le pouvoirs économiques mondiaux et la politique locale qu’il se niche et prospère l’antagonisme entre vie digne et croissance économique. Le capital financier n’a plus besoin d’investir dans le travail local, il peut l’acheter dans des Pays lointains où il est plus avantageux. Où, il y n’a pas besoin de faire des investissements sur la dignité de la vie.La survivance et la santé des travailleurs sont vues comme problèmes d’autres et, si les mesures sanitaires et l’hygiène terrifiante, la formation inadéquate, moins bien pour eux mais pas pour les entrepreneurs qui se déplacent où les fruits sont frais et mûrs pour être usés. La cohésion sociale ne peut pas être plus sûre dans le contexte d’un Etat ou aussi d’un groupe d’Etats. Elle peut être rétablie, réintégrée dans le contexte d’une globalisation positive.Il n’y aurait jamais eu welfare sans lois nationales contraignantes, sans un ordre judiciaire universel pour tous les citoyens, sans la subordination de tous les aspects de la vie partagée à la surveillance démocratique, au contrôle et à la réglementation. Et il n’y aura pas un équivalent de welfare sans lois et règles contraignantes au niveau global, sans tribunaux globaux, institutions démocratiques globales (même si dans une forme différente de la démocratie parlementaire fait à la mesure d’un Etat-nation).

A.T. Est-ce que comment pouvons nous repenser nos démocraties?

Zygmunt Bauman. Le moderne système démocratique est né et grandi graduellement, à travers virages et changements, du désir de sûreté en combinant ensemble l’homme avec la confiance dans l’avenir.Le type de sûreté qu’ils cherchaient, il signifiait surtout la réglementation normative pour l’élimination ou pour la réduction de l’incertitude. L’Etat-nation, une des inventions les plus fécondes de l’âge moderne était un contrat qui permettait d’atteindre ce but à travers la souveraineté circonscrite au territoire, le droit de faire lois et définir leurs limites. La liberté de choix est inséparable de la faillite, plus ou moins prévisible. Pour tout ça, quelques-uns trouveront ces risques insupportables en découvrant ou en soupçonnant qui excède de fait leur pouvoir personnel pour l’affronter. Pour la majorité des gens, la liberté de choix restera un fantôme fuyant ou un rêve oisif, à moins que la peur de la défaite ne soit pas adoucie par un contrat d’assurance politique dans le nom de la communauté. Un contrat politique dont ils peuvent avoir confiance et, sur lequel, ils peuvent faire confiance en cas de malchance.À la douleur d’une manque d’espoir, il s’ajoute en effet l’humiliation d’une manque de chance. Sans une assurance collective, il y n’a pas aucune stimulation à l’engagement politique ni à la participation au jeu démocratique.Sans droits sociaux pour tous, un large et probablement numéro croissant de gens, ils croiront que leurs droits politiques seront inutiles et pas dignes de quelque attention. En effet, si les droits politiques sont nécessaires parce que les droits sociaux aient lieu; les droits sociaux sont indispensables pour maintenir actifs les droits politiques. Les deux droits ont besoin l’un de l’autre pour survivre. La survivance des deux droits reste dans leur accomplissement comun.Un devoir et un défi décourageants. Le XXI siècle sera tumultueux et frénétique.

 

Antonio Torrenzano

 

 

 

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europe

 

Notre Continent, soutient Jacques Le Goff, est ancien et moderne à un temps, il a reçu son nom il y a vingt-cinq siècles, pourtant il se trouve encore à un état de projet. L’alternance rapide de crises et de renouvellement est une caractéristique de l’Europe qui la tient liée à sa distinguable modernité toujours renaissante.

Croire dans l’avenir a toujours signifié pour l’Europe imaginer son devenir comme la réalisation d’un but historique et, supposer aussi, que chaque avance soit porteuse d’amélioration. Cette notre logique intérieure -gravée dans notre commun Dna- a toujours consenti au Continent de donner un sens à son histoire sans postuler une providence. Elle a de plus,dans les moments de guerre et de paix, alimenté notre sens historique commun.Actuellement cet état de projet est en crise. La construction de ce nouveau modèle politique et social, il ne peut pas faire abstraction de la mondialisation qui est en train de transformer le marché économique,du travail, de l’organisation des entreprises, des relations entre “Nous” et les “Autres” du monde. Mais cette défi, en utilisant une dimension symbolique forte, je crois qu’elle doive répondre à une nouvelle exigence utopique: celle d’une Union Européene forte et supérieure définitivement à l’État national. Il est la septième fois, après les Traités de Rome du 1957, que cette Organisation régionale internationale se renouvelle et se modifie ultérieurement. Les vingt-sept États nationaux qui la composent, ils sont un donnée statistique évident de ces modifications. Une réalité objective voulue par tous, une réalité qu’il faut gérer pour une nouvelle phase historique plus importante des précédentes. L’Europe existe plus aux yeux des américains ou des asiatiques que à ceux des mêmes européens. Ces derniers devraient se demander quoi les autres remarquent quand ils parlent de l’Europe.”Il me semble, affirme Marc Augé, qui voient trois puissances associées et divergentes: une économique, une culturelle, une démocratique.Est-ce que ces trois dimensions se suffisent pour que l’Europe existe aux yeux des citoyens européens ? Non, je ne crois pas !”

 

Le système social européen rencontre sérieuses difficultés et je crois, qu’il soit essentiel vice versa, le sauver pour sauver le continent. Nos relations avec les Pays de la Mer méditerranée et le Continent africain sont en train de se détériorer et, notre mare nostrum pourrait devenir bientôt une nouvelle mare belli.Les Pays de l’Afrique du Nord ont un commerce du 50% avec l’Union Européenne et un commerce intra-régional du 4,5%. Leur taux de croissance par habitant est diminué dans les derniers vingt ans et, pour stabiliser la région,il faudrait créer 11 millions de postes de travail dans les prochains dix ans. Il y a actuellement un plan économique américain dénommé “middle est partnership iniziative” pour favoriser une zone de libre échange depuis le 2003 au 2013. Les actions éuropéennes, en revanche, ne sont pas nombreuses sauf l’action bilatérale lancée par la France avec quatre Pays:Maroc,Tunisie, Egypte, Jordanie.

La situation actuelle, elle me semble ainsi théorisée: il ya une progressive deidéalisation de l’unification européenne au service d’une rationalisation du phénomène.Cette situation n’a pas seulement produit des aggravations dans les relations mais, aussi, l’accroissement des demandes particulières de la part des tous les États membres. Ceux-ci utilisent le contexte de l’élargissement comme une forme de pouvoir/influence nationale.Encore, le débat sur l’opportunité que l’Europe doive ou non avoir une Constitution est ouvert et complexe. Les opinions sont divisées entre qui affirme que une Constitution européenne existe déjà et qui le nie. Pour quelques-uns, l’Europe a déjà sa vivante Constitution; pour d’autres, elle ne pourrait jamais l’avoir parce que il n’ya pas un “Peuple européen” apte à légitimer un “État européen”. C’est un problème ouvert!

Comme observateurs, nous remarquons que à aujourd’hui il manque une nouvelle vision, un nouveau projet idéal de perfection humaine et sociale propre de l’histoire et de la tradition européenne. Carlo Azelio Ciampi, ancien Président de la République italienne, affirme que cet idéal de perfection est ineffaçable et, qu’une civilisation comme la nôtre doit transformer encore une fois ces aspirations dans un projet à expérimenter. Mais l’impatience de quelques-uns qui voudraient (selon les modalités de l’action technique et de la coopération aux 360 degrés) prévoir, adresser le cours actuel de notre histoire sur la base des nos lois; elle se heurte avec ceux qui, par pieuse résignation, se contentent de se laisser transporter vers “l’abordage heureux” préétabli par le flux du temps.

Elena Dall’Olio

Antonio Torrenzano

 

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Jacques GénéreuxConversation avec Jacques Généreux, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris, président de l’Association internationale pour l’économie humaine, écrivain.

Antonio Torrenzano. Les sociétés qui sont économiquement et socialement les plus avancées, elles sont aujourd’hui soumises à une double transformation. D’un côté, nous constatons une convergence et une homogénéisation considérable des styles de vie, des conduites et des manières de consommer; de l’autre une augmentation graduelle et progressive de la pauvreté, des difficultés.Si la mondialisation économique est aujourd’hui le visage contemporain de l’idéologie du marché où l’individu est réduit à un simple consommateur seul et isolé face au marché,comment pourrons nous changer ce processus économique ?

Jacques Généreux. Quand je parle d’économie humaine, je ne désigne ni un modèle, ni un système économique mais une inspiration et des aspirations communes. Plus précisément, par économie humaine, j’entends exprimer l’adhésion à une finalité, un choix méthodologique et la coscience de notre responsabilité de chercheur vis-à-vis de la société. La seule finalité légitime de l’économie est la qualité de vie des femmes et des hommes, à commencer par celle des plus démunis. La satisfaction équitable des aspirations humaines pas seulement celles qui procurent les consommations marchandes. Mais l’ensemble des aspirations échappant à toute évaluation monétaire:dignité, paix, securité, liberté, éducation, santé, qualité de l’environnement, bien-être des générations futures. Un système économique pleinement efficace n’est pas seulement celui qui garantit l’absence de gaspillage des ressources dans la production des biens, mais aussi celui qui satisfait au mieux l’ensemble des exigences de l’humanité, à commencer par l’exigence de justice.Dans cette optique, la distinction fréquente entre la question de l’usage efficace des ressources, qui serait d’ordre purement technique, et la question de leur juste répartition, qui serait d’ordre politique, est contestable. La justice comme la dignité humaine ne sont pas des considérations indépendantes de celles lieés à l’usage efficient des ressources. Il s’agit de définir les éléments qui réunissent au fond les principales alternatives au laissez-faire pur et simple.

Antonio Torrenzano. Le développement actuel n’est pas durable puisque l’humanité est condamnée à un génocide par la faim. Je crois qu’il faudra trouver vite un développement qui remette en cause le parcours suivi jusqu’à ce moment. Pensez-vous qu’on est obligé de passer à une nouvelle vision économique ?

Jacques Généreux. L’économie humaine est l’économie d’un être humain complet,d’un être humain qui inscrit son action dans le temps (et donc l’histoire),sur un territoire,dans un environnement familial,social,culturel et politique;l’économie d’une personne animée par des valeurs et qui ne résout pas tout par le calcul ou l’échange,mais aussi par l’habitude,le don,la coopération,les règles morales,les conventions sociales,le droit, les institutions politiques. Au lieu d’évacuer la complexité des sociétés humaines (qui ne se met pas toujours en équations), l’économie humaine s’efforce de tenir un discours rigoreux intégrant la complexité,les Individus.La difficulté est de trouver,non pas le plus petit dénominateur commun, mais le plus grand et le plus signifiant pour nos concitoyens. Je pense que l’économie peut aider les êtres humains à choisir leur destin plutôt que de le subir. Nous savons que l’économie est politique et qu’il s’agit de réintégrer,et non d’opposer,l’économie et la démocratie. La seule finalité légitime du développement économique est la satisfaction équitable des besoins humains.Les lois de l’économie doivent retourner à être au service des lois des individus.La notion de progrès humain doit retouner à avoir un sens.Je constate,au contraire,que l’économie concrète,l’économie perceptible aussi aux profanes,est perçue comme inhumaine. Il faut remplacer le survie par la vie, le conflit par la paix,la rivalité par la convivialité et la solidarieté.

Antonio Torrenzano. Par l’économie humaine, vous ne désignez pas un modèle, mais une inspiration commune reposant sur trois exigences. Est-ce-que je pourrais connaitre les principales finalités ?

Jacques Généreux. L’économie doit être au service des êtres humains et non l’inverse.L’efficacité productive, la compétitivité,la rentabilité,ne sont pas des finalités de l’économie mais des simples instruments qui restent subordonnés au respect des principes énoncés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et aux efforts entrepris par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Tout être humain a un droit égal et imprescriptible à des conditions de vie matérielles décentes (nutrition, accès à l’eau,hygiène, logement, sécurité physique),à l’éducation,à l’accès aux soins.Dans un monde ou les deux tiers de l’humanité n’ont pas d’accès régulier à ces biens de base,il est évident que il faut faire vite.Tout être humain a le droit d’accéder aux modes de partecipation à la vie sociales qui sont nécessaires au respect de soi et à la dignité.

Antonio Torrenzano

Actualité

Nous avons construit un capitalisme solide mais nous n’avons pas effacé les injustices. Nous avons augmenté de mille et cinq-cents fois la richesse mondiale respect au XVIIIème siècle mais nous ne l’avons pas équitablement distribuée. Jamais notre capacité à produire des richesses n’a été aussi grande et jamais notre incapacité à mettre cette prospérité au service du mieux-être de tous les hommes n’a été aussi flagrante. Je remarque encore, que notre sens critique soit gravement affaibli et il soit gravement proportionnel à l’augmenter des clochards qui vivent dans nos rues. Nous vivons dans une période qui dénote vivement pas un nouveau projet social, une faiblesse de la politique sur l’économie, une idée pas plus claire de vie en commun et vie commune. Ce n’est assurément pas la première fois dans l’histoire que se manifeste un tel décalage entre réalité et les aspirations des hommes. Mais, peut-être, il est la première fois que cela se produit alors que se diffuse, à l’échelle mondiale, un modèle économique universel. De plus, les trois idées que nous avions considérées excellentes après le 1989, c’est-à-dire les Droits Humains, les Diversités Humaines et les Opportunités Humaines globales sont entrées en conflit et, le défi pour remettre ensemble les petits bouts d’un monde que l’histoire a remué, en cachant les règles pour le recomposer, est toujours là sans solutions.

Le problème de la pauvreté pose une autre question, que je crois fondamentale, dans notre présent actuel: l’idée de “justice”. Non plus lié à l’idée traditionnelle que nous avions de la redistribution économique mais aujourd’hui à “l’idée d’inclusion”.La fusion entre compétitivité globale et désintégration sociale n’est pas une condition favorable à la constitution d’un nouveau bien-être. Les nouveaux modèles fleurissent dans conditions de confiance, créatrice et laborieuse, de confiance en nous mêmes et par les opportunités offertes d’un milieu social stable. Dans la garantie de certaines règles fondamentales que nous appelons encore État de droit. Rétablir un équilibre proportionné entre la domination de la culture, de la politique et de l’économie est un des problèmes cruciaux de notre present global. Le déplacement du domaine géographique au cyber-espace, du capitalisme industriel à l’économie de la connaissance, de la propriété à l’accès, il est destiné à provoquer un revirement radical du contrat social. Du moment que nos institutions politiques et nos lois se sont formées dans un cadre dans lequel le marché définissait les rapports de titulairieté; le passage de la propriété à la mondialisation comportera, dans le siècle à peine initié, des profonds changements aussi dans la manière de gouverner.

Le contrat social a toujours eu la priorité sur le marché. Les individus créent communauté, ils construisent codes élaborés de comportement, ils transmettent sens et valeurs partagées, ils construisent rapports de confiance toujours sous forme de capital social. Seulement si la confiance et l’échange entre les individus sont bien développés, les communautés se consacrent au commerce.Mais quand la sphère économique commence à dévorer la sphère du social, les fondations qui peuvent rendre possibles et encourager les relations commerciales, sont détruites.La science économique à perdu son terme important qui la définissait, dans une saison passée, en économie politique.Terme qu’il faut récupérer de nouveau et bientôt.Parce que quand la confiance commence à s’effriter,bientôt aussi la liberté du faire recule sur positions moins solides et dans la peur de chacun contre tout le monde.L’actuelle révolution est difficile à penser, tant elle est rapide, tant elle met en cause les conceptions traditionnelles de l’homme et, par la globalisation, les rapports sociaux, les risques accrus de guerre et de violences.

Jacques Généreux, économiste et fin observateur de notre époque et peu porté sur l’emphase, note que: “une fraction croissante de l’humanité peut en effet imaginer qu’elle vit déjà dans le meilleur des systèmes économiques (l’économie de marche capitaliste) et dans le meilleur des systèmes politiques, la démocratie représentative. Mais si le meilleur qui puisse émerger d’au moins deux mille cinq cents ans de pensée politique et économique produit le pire pour la vie d’une proportion impressionante de l’humanité, cela achève de detruire les espérances nées du siècle des Lumières:les progrès de la raison humaine ne conduisent plus au progrès de l’humanité”. Selon l’organisation OECD (donneés statistiques 2005) dans treize Pays industrialisés on assiste à une croissance contemporaine soit des revenus soit de la pauvreté. La croissance de l’inégalité des revenus personnels et de la pauvreté est, en partie, à relier aux changements de la mondialisation de l’économie et de l’innovation technologique. Les analyses sur la distribution des revenus et sur la pauvreté ont souligné que les familles gerées par des retraités ont maintenu ou, légèrement amélioré, leurs positions; au contraire, celles-là guidées par un chef de famille jeune ou les familles dans lesquelles il ya des enfants, ont empiré leur position pour ce qui concerne les revenus personnels de la richesse.

Le discours politique dominant, celui de nombreuses institutions internationales et celui de nombreaux économistes, au cours des dix dernières années, cherche de souligner que les méfaits visibles du développement des économies de marché sont des coûts inéluctables, des coûts temporaires de transition vers une économie de marché mondiale idéale.Mais,d’une part, note encore Jacques Généreux,“le temporaire s’éternise et, chacun n’ayant qu’une seule vie trop courte, personne ne peut se consoler d’appartenir, jusqu’à la fin de sa vie, à la génération sacrifiée pour la quête d’un modèle idéal, dont rien n’indique par ailleurs qu’il assure une vie meilleure à la génération future. Car,en fait d’idéal, le seul modèle cohérent qui semble etre proposé pour l’avvenir est celui d’une société de marchés libres, une sociétés où les valeurs se réduisent aux valeurs marchandes, où le rapport à l’autre ne consiste pas à l’accompagner dans une oeuvre commune, mais à être plus compétitif que lui pour gagner une position plus enviables que la sienne”.

Dans ce silence social assourdissant,il n’ya pas encore des règles pour composer les nouveaux éléments à assembler ce puzzle, déterminer nouveaux encastrements de ce compliqué casse-tête. C’est un problème ouvert! Le but il faut qu’il soit haut. Le sens de précarieté ne peut pas encore être une caractéristique pour la societe que nous voulons demain.L’espoir n’est pas illusion, ce n’est pas un mirage qu’il s’évanouit après avoir soulagé pour un instant le désespoir. L’espoir est un oeil vigilant qui sait regarder loin avec perspicacité. Il faut tenir toujours claire la destination qui se trouve toujours au-delà d’un petit horizon limité.La grandeur de chaque homme reste dans sa noblesse d’âme. Dans le courage de donner aux autres pas ses peurs mais ses espoirs. L’espoir qui déferle dans les événements pour les transformer.

Antonio Torrenzano