Actualité

enfants_soldat.1194293672.jpg

Conversation avec Giulio Albanese, journaliste, missionnaire, directeur de l’agence de presse MISNA (missionary service news agency). Il a étudié et vécu en Afrique jusqu’ au 2002. Il est également auteur de nombreux essais (plusieurs traduits en langue française et langue anglaise) dont : Il mondo capovolto.I missionnari et l’altra informazione (éditions Einaudi 2003), Hic sunt leones, Afrique en noir et blanc (éditions Paoline 2006), Soldatini de piombo. Le problème des enfants-soldat (éditions Feltrinelli 2007).Le site web de l’agence presse MISNA est consultable en langue française au suivant adresse numérique http://www.misna.org

 

Antonio Torrenzano. Pouvez-nous nous raconter la choquante expérience des enfants-soldat au Nord Ouganda ? Des enfants sans avenir ?

Giulio Albanese. Chaque fois que je me suis arrêté à dialoguer avec ces petits j’ai toujours eu l’impression de me trouver devant à des matrioske: le soldat et l’enfant cohabitent comme s’ils étaient deux réalités, une dans l’autre. Se concentrer seulement sur leur expérience armée,il signifie les condamner en mettant une sérieuse hypothèque sur leur avenir. Oublier l’enfant et se concentrer seul sur le rebelle, il équivaut pour toujours les considérer des ex-guerriers. On doit, en revanche, avoir le courage de mettre en évidence leur injuste condition de victimes respect au rôle des adultes, corriger les préjugés des familles et de la communauté où ils sont nés et faire comprendre l’importance de réinsérer le garçon ou la jeune fille à une vie normale pour éviter de faire renaître la violence. Je me rappelle la rencontre avec un garçon de 15 ans, revenu à la maison après deux ans d’asservissement. Le garçon me confia le fait que la famille d’origine le considérait un fils fou respect aux autres frères. Quand ce tentative de retrouver la famille biologique fait faillite ou la même refuse l’accueil, les ONG humanitaires explorent d’autres solutions:des nouvelles familles dont vivre ou des centres de recouvrement pour enfants-soldat. Dans le village de Kitgum, j’ai recueilli le témoignage d’un jeune de vingt ans qui a passé cinq ans avec les rebelles du LRA. Paul, celui-ci est son nom,il a épinglé bon parti de ses mésaventures dans un très petit cahier. Histoires de violence incroyable et horreur infinie. La technique était presque toujours la même: ils tuaient les hommes, ils réunissaient les femmes, les vieux et les enfants en petits groupes d’environ 20 personnes. Les prisonniers hurlaient, Paul me raconte, et pour les calmer nous donnions des coups de bâton et nous les terrorisions pour qu’ils n’eussent plus la force de parler. À un trait, mon capitaine se présente avec sa machette et il commence à couper les gens dans plusieurs bouts. Nous devions faire le même. Les plus petits, ils recueillaient les bouts de mains,jambes,doigts qu’ils enfilaient avec désinvolture dans un sac de jute. Dans le village de Gulu, j’ai rencontré une jeune fille, mère d’un enfant, nommée Alice. Elle aussi a vécu sept ans avec les rebelles du LRA et a miraculeusement réussi à fuir pour la désespérée envie de vivre. Alice me raconte: quand j’ai été enlevée par les rebelles, j’avais treize ans et de ma famille je n’ai pas su plus nulle. Après une longue marche durées des semaines, nous atteignîmes un champ rebelle près de Juba, en territoire soudanais. Il me fut ordonné de faire la servante d’un chef rebelle. Je devais faire la cuisine, prendre l’eau, balayer et, si je ne respectais pas leurs règles, ils me tapaient. Je devins ensuite la femme d’un jeune chef avec lequel j’ai pratiquement vécu jusqu’à ma fuite. Ma vie a été bestiale.

Antonio Torrenzano. Est-ce qui est Joseph Koni, le chef des rebelles du LRA (Lord’s Resistance Army)?

Giulio Albanese. Joseph Koni pour ce qui concerne sa cruauté, il n’a pas égal. La population locale a surnommé ce criminel “ Totong ”, boucher. Il est le chef du mouvement des rebelles LRA et il a un pouvoir de vie et mort sur chacun des membres de son armée. Koni est financé par le gouvernement soudanais pour destituer le gouvernement de Kampala de Yoweri Museveni. Né à Odek, près d’Opit, dans le district de Gulu, les combattants de son armée l’appellent le saint maître. La doctrine de Koni est un mélange de croyances qu’il légitime le recours à la violence contre n’importe qui s’oppose à son dessein politique. La mère de Joseph Koni a raconté à Raffaele De Bari, missionnaire combonien tué par le LRA dans l’octobre 2000, que son fils, quand il était jeune, avait donné signes de folie et déséquilibre. En 1994, à la suite de contacts eus avec l’armée gouvernementale soudanaise, Koni s’engage à combattre pour destituer le gouvernement de Kampala en enrôlant enfants d’âge comprises entre les huit et les dix-huit ans. Pour admission du même président soudanais Omar Hassan el Beshir, le LRA a été financé pour dix ans par son armée, mais la collaboration serait terminée officiellement en 2002 à la suite de la normalisation des relations politiques entre Khartoum et Kampala. Témoignages directs de la société civile démentent ces affirmations du leader soudanais. Khartoum continue de facto à appuyer Joseph Koni en fournissant aux rebelles équipement militaire remis à Nisitu, une localité au sud de Juba contrôlé par le LRA ou dans d’autres champs sur la frontière entre les deux pays. Pour ce qui concerne le gouvernement de Kampala, je crois que la guerre dans le nord du Pays soit fonctionnelle pour tenir en respect le groupe ethnique des “Acholi”, traditionnellement hostile au Président Yoweri Museveni. Il faut préciser encore que le gouvernement ougandais dispose de troupes militaires bien dressées qui ont opéré longtemps dans la République démocratique du Congo. Ces forces pouvaient plier les rebelles du LRA sans problèmes, je crois donc très valides les interprétations de l’opposition politique ougandaise. Le résultat est que dans ces derniers ans de guerre, les populations du nord Ouganda ont payé un prix très haut en prix de vies humaines. Si à tout ceci, on s’ajoute les intérêts économiques pour ce qui concerne l’exploitation du pétrole dans le Soudan méridional et aux possibles gisements miniers dans le sous-sol nord-ougandais comme le rutilio, on comprend bien parce que c’est ainsi difficile démêler cet écheveau.Selon John Bapist Odama, archevêque catholique de Gulu, pendant le conflit civil les rebelles du LRA ont environ séquestrés vingt-cinq mille enfants et tués cent vingt mille personnes. Mais, le même, il admet que les chiffres pourraient être plus élevés.

A.T. Avez-vous recueilli des témoignages directes sur le chef des rebelles du Lord’s Resistance Army?

Giulio Albanese. Du chef du LRA, il m’a raconté un jeune qui a été parmi ses gardes du corps. Ce jeune, qui a réussi à fuir, il vit encore aujourd’hui dans la terreur de finir de nouveau dans les mains de ses cruels gardiens. Il me raconte: mon service consistait à lui accompagner partout, le transporter sur une espèce de trône fait de bois et paille. Je me fatiguais aisément parce que j’avais dans une épaule la mitraillette, sur la poitrine et aux hanches des grappes de bombes à la main, au-delà d’un sac à dos plein de chargeurs.Je dormais peu d’heures à la nuit, il me réveillait par des coups de bâton.C’était le tipu maleng (le Saint-Esprit), qui suggérait à Joseph Koni quand tuer et où accomplir les maraudages.Une autre hallucinante histoire est celle de Mary, une jeune fille connue près de Padibe. Mary,elle me dit: j’ai été soumise à des violences sexuelles dont je ne veux pas les raconter. Il n’est plus possible tolérer cette férocité. Pourquoi personne ne se préoccupe-t-il des milliers de garçons et jeunes filles séquestrées par les rebelles et obligés à combattre sans savoir le motif ? Pourquoi ma Terre est-elle encore aujourd’hui en proie à ces bandits? Je crois personnellement que cette guerre pourra terminer seulement quand il y aura une claire volonté politique de mettre fin à la guerre soit de la part de l’Ouganda soit du Soudan. Kampala devrait continuer les négociations par l’ancien ministre Betty Bigombe. En même temps, le gouvernement soudanais a l’obligation morale de remettre à la justice internationale Joseph Koni et ses étroits collaborateurs. Processus pas difficile,car le chef du LRA est libre de se remuer pour les rues de Juba, principale ville du Soudan méridionale ou à Khartoum.

 

Antonio Torrenzano

 

Actualité

enfants_soldat_ouganda.1194288393.jpg

La guerre, qui bouleverse le nord de l’État de l’Ouganda, est une du plus féroce entre celles du continent africain. Ce conflit pourrait sembler un conflit local, mais la réalité de cette crise est plus complexe et très articulée. Les rebelles du LRA (Lord’s Resistance Army), nommés Olum en langue acholi, ont semé dans ces ans dans les districts de Gulu, Kitgum, Pader, Lira, Apac, Katakwi, Soroti morts et destruction ainsi que dans le voisin Soudan méridional. L’histoire du LRA commence en 1987 à peu près, à la suite de la défaite militaire d’Alice Lakwena, leader d’une faction militaire antigouvernementale appelée “Armée du Saint-Esprit ” contre le président Yoweri Museveni qui avait pris la gestion du Pays dans le janvier 1986. En 1986, Omukama (le surnom donné au président qui signifie Chef en langue bantoue) Museveni avait déposé par un conflit très rapide les généraux Basilio Olara et Basilio Okello. La victoire de Museveni avait aussi été due à l’enrôlement dans son “Armée de résistance nationale (NRA)” de beaucoup de petits enfants que de fait, ils constituaient la structure de ses troupes militaires. C’est avec la prise du pouvoir du président Museveni que Joseph Koni, soi-disant cousin d’Alice Lakwena, fonde un nouveau groupe rebelle dénommé avant “Force mobile du Saint-Esprit”, successivement “Armée de résistance du Signeur ”.

La région dans laquelle le LRA (Lord’s Resistance Army) sème de la terreur et morte, elle est habitée par des groupes ethniques principalement “Acholi” et “Lango” mais aussi par des familles claniques “Kuman” et “Tendu”. La région située dans le nord de l’Ouganda, c’est une immense plaine colorée par de taches de savane et des montagnes rocheuses comme l’Ologa et le Pagoro autant que le mont Langia qu’il se pousse même jusqu’au fond de la nation soudanaise. Un temps dans cette région, il me raconte le journaliste et missionnaire Giulio Albanese, la faune était très riche et nombreuse. On pouvait trouver tous les animaux typiques de la région équatoriale et tropicale, mais depuis peu d’ans la pauvreté et la guerre ont produit une extermination de beaucoup d’espèces. Les familles claniques les plus frappées par la férocité du LRA sont celles des “Acholi” et “Lango”. Les rebelles du LRA ont en effet enrôlé dans leur milice beaucoup d’enfants de ces deux clans, mais aussi des petits entre les huit et les dix-huit ans des familles claniques “Tendu” et “Madi”.

Le Soudan du président Omar Hassan el Beshir a appuyé et, officiellement financé, pour presque d’une décennie la milice du Lord’s Resistance Army, pendant que le gouvernement de Kampala a continué à être un fidèle allié du colonel John Garang, leader de l’ Armée populaire de libération du Soudan (SPLA), formation antigouvernementale au sud de Khartoum.La collaboration entre Khartoum et les rebelles du LRA serait terminée officiellement en 2002 à la suite de la normalisation des relations politiques entre Khartoum et Kampala, mais témoignages directs de la société civile ougandaise démentent ces affirmations du leader soudanais. Khartoum continue de facto à appuyer Joseph Koni en fournissant aux rebelles équipement militaire dans des localités au sud de Juba contrôlé par le LRA ou dans d’autres champs sur la frontière entre les deux pays. La guerre dans le nord de l’Ouganda continue de plus à être fonctionnelle pour le même gouvernement de Yoweri Museveni pour tenir en respect le groupe ethnique “Acholi”, traditionnellement hostile au Président ougandais. L’accord de paix entre le gouvernement soudanais et la formation militaire guidé par John Garang, paraphé à Nairobi le neuf janvier 2005, il ferait bien espérer aussi pour une possible paix dans le Nord Ouganda. Seulement bien espérer ! Car d’autres tentatives de pacification comme l’amnistie de l’an 1999 pour tous les membres de la guérilla, accordée par Yoweri Museveni, il n’a pas produit résultats certains ni les initiatives de dialogue du 2004 acheminassent par l’ancien ministre Betty Bigombe. À aujourd’hui, le conflit continue à moissonner de victimes et l’avenir reste incertain.

La presse internationale a rarement garanti une riche couverture de nouvelles pour ce qui arrive depuis beaucoup de temps dans le Nord Ouganda. Avec la crise iraquienne, une bonne partie des correspondants de guerre ont été transférés entre les Tigres et l’Euphrate en oubliant cette guerre pas moins dramatique et sanglante. Comme rares, ils ont été aussi les délégations diplomatiques de l’Union Européenne, du Canada, des États-Unis qui joignent au nord de l’Ouganda pour prendre note du dégrade humain, de la totale violation des droits humains ou de la pauvreté indescriptible dans laquelle les individus de cette région vivent. Ici, les individus coulent dans leurs mêmes excréments. Il suffit de visiter le champ des réfugiés de Cwero pour faire revenir à l’esprit la dénonciation de Primo Levi dans l’essai “Si c’est un Homme.” J’ai été dans le champ de Cwero, Giulio Albansese me raconte encore, en 2002 . L’émotion brutale est toujours indescriptible. Les cabinets étaient tous embouteillés au point que l’air était irrespirable. Je m’arrête dans le champ pour saluer des gens évacués et un garçon se rapproche pour me demander où je suis dirigé. Je lui explique que je suis dirigé au Kitgum, il me regarde étonné et il me dit, qui est très dangereux se diriger à Kitgum. À ce point il me dit des mots, fidèlement transcrits, qui sont devenus ma mission à respecter jusqu’à la fin de mes jours : “Tu dois être très courageux si tu es venu dans ces lieux, chez nous. Tes mots puissent s’envoler comme de gazelles avant qu’il soit trop tard pour nous tous”.

 

Antonio Torrenzano

 

Actualité

sheila_sisulu.1193775459.jpg

Conversation avec M.me Sheila Sisulu, sous-directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies. Sheila Sisulu, depuis 2003, gère la policy du Programme alimentaire des Nations Unies et elle s’occupe de tous les projets liés aux politiques contre la faim, les politiques contre le sida, la lutte contre la pauvreté. Membre de l’exsecutive board du PAM,elle gère aussi les relations avec les autres Agences techniques de l’ONU et les relations avec les ONG. Avant de devenir sous-directeur du Programme Alimentaire, elle a été professeure dans un lycée de Soweto et s’est activement engagée contre le régime de l’apartheid et au passage du pouvoir au Président Nelson Mandela. Dans les vingt-cinq ans d’activité politique pour son Pays, l’Afrique du Sud, elle a été conseillère spéciale du Ministère de l’Éducation nationale ainsi que composante de la commission pour l’élaboration de la nouvelle législation intérieure du Pays africain. L’interview a eu lieu à Rimini, près de la Fondation Pieux Manzù, à l’occasion de la XXXIII édition des journées internationales d’étude, le 28 octobre 2007.

Antonio Torrenzano.Je voudrais commencer cette conversation en vous demandant comment la pauvreté et la faim peuvent bloquer la vie et l’avenir des individus.

Sheila Sisulu. Dans nombreux Pays en voie de développement, la faim peut déterminer et modifier l’avenir,la fréquence scolaire des garçons et des filles, leurs projets, leurs reves.La faim a créé une situation de vulnérabilité qui augmente pas seulement la diffusion du SIDA, mais les possibilités aussi de contracter la tuberculose ou d’autres maladies chroniques.Nous avons besoin d’un consentement mondial pour pouvoir réaliser l’effacement de la faim. Nous devons réduire de la moitié le numéro d’individus qui vivent en souffrant la faim dans le monde. Faim que, à aujourd’hui, tiens en esclavage presque 800 millions d’individus dont 400 millions ce sont des enfants. Nous avons bien peu de possibilités de respecter les autres objectifs du Millénaire si nous n’effaçons pas premièrement la faim. D’ici à l’an 2015, cet objectif doit avoir la priorité. L’impact de la faim sur l’individu ne concerne pas seulement la personne comme telle, il concerne familles entières, entières communautés,sociétés qui composent les États. La faim et ces effets sont catastrophiques surtout pour les femmes qui feront naitre après enfants fragiles. Ceux-ci, ils auront après chances de vie ou de survivance moins certaines que les autres, ils souffriront de mauvaise santé pour le cours de leur entière vie, ils n’auront pas rêves à développer. Nous sommes dans une situation critique dont effacer la faim peut avoir impacts de longues durées.

Antonio Torrenzano. Voulez-vous nous faire des exemples?

Sheila Sisulu. Améliorer la nutrition des adolescentes et des femmes en grossesse, il signifie améliorer les possibilités d’une santé meilleure et meilleures chances de grandir. Les effets de la faim, pendant l’enfance, deviennent encore plus manifestes dans l’âge adulte par des maladies chroniques comme le diabète, insuffisants anticorps, hypertension. Ces conditions tourmentent les communautés les plus marginales des pauvres et ils aggravent en plus les disparités de genre homme femme. Les pas en avant pour abattre et contrarier la faim, ils ont porté à une distribution non homogène des résultats sur la planète. Il y a différents Pays qu’ils se trouvent encore dans une condition pénible, individus qui ont perdu leur dignité comme les réfugiés, les femmes, les enfants qui ne disposent pas d’accès suffisant à une alimentation proportionnée, à l’eau, à la sauvegarde de la santé, à structures hygiéniques. Les enfants sont les groupes le plus vulnérables entre les vulnérables. L’obtention des objectifs du Millénaire en ce qui concerne un unique État n’est pas synonyme de réalisation des objectifs mondiaux en tous les pays. Je tiens à le souligner. Malheureusement, la communauté internationale s’est en large mesure concentrée sur les réalisations nationales et pas sur les objectifs globaux. La taskforce des Nations Unies contres la faim a mis en place une nouvelle et innovante méthode qui permet de déterminer régions sub nationaux dans lesquels, où il ya plus du 20% d’enfants vulnérables, on puisse agir tout de suite. La méthode a élaboré aussi un paramètre de vulnérabilité qui fournit d’analyses post intervention pour vérifier le cours des indicateurs relatif aux objectifs du Millénaire. Dans cette manière, le système nous permet d’avoir des données plus précises et déterminer ceux qui ont un grand besoin d’assistance. Les résultats, à aujourd’hui, ils sont très différents. En quelques Pays, les progrès réalisés ont été érodés par les famines, les conflits armés, par la diffusion capillaire du SIDA, des catastrophes naturelles ou par l’instabilité politique. Les conflits armés dans une manière particulière contraignent millions de gens en particulier à l’exode intérieur et extérieur du pays d’origine. Ces causes unies à la faim sont facteur de mort certaine.

A.T. Est-ce que j’aimerais savoir quelle est la situation des enfants ?

Sheila Sisulu. Au niveau mondial, il y a environ 400 millions d’enfants qui souffrent la faim. Dix millions d’enfants, au-dessous des cinq ans, meurent tous les ans à cause de la malnutrition ou d’autres pathologies corrélées à la malnutrition. Plus des cinquante pour cent de ces décès, chaque année, sont causés par la faim.Cependant, les efforts profus mêmes à aujourd’hui ils ont été simplement insuffisants. Cette amélioration sert à présent et pas demain. Les enfants ne peuvent pas attendre. L’accès à une alimentation pour tous,c’est un droit humain.

Antonio Torrenzano

 

Actualité

 

enfant_burundi.1193169548.jpg

Unifié le monde après le refoulement du Mur de Berlin, il est apparu clair que le système international économique et politique n’a pas été apte à assumer l’entière population mondiale dans un projet commun et unique de vie et de développement.Pour les états africains, le 1989 a été le début d’une longue période d’éclipse géopolitique qui persiste désormais depuis dix-huit ans.En équilibre instable entre une tradition violentée, mais encore vive et une modernité séduisante et imposée, les sociétés africaines sont entités écrasées. Du point de vue du social, l’Afrique n’est pas morte: c’est une marmite en ébullition.

Pendant les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, le continent avait connu une phase politique intéressante, décrite par quelques écoles de pensée, la deuxième vague d’indépendance. La chute du mur de Berlin du point de vue de l’international, le mûrissement d’une société civile désireuse de liberté et d’ouvertures politiques,ils ont fait souffler sur le continent le vent de la démocratisation. Le choix de ce mot n’est pas casuel. La démocratie en Afrique n’est jamais une donnée de fait. Il s’agit d’un procès commencé, à mon avis, de manière irréversible qui doit encore expliciter toutes ses potentialités. Par cette mobilisation, soutien Célestin Monga dans son essai “Anthropologie de la colère”, les peuples africains exprimaient des comportements qui traduisaient le désir d’assumer leur spécificité à affirmer une autre manière d’exister par l’invention de nouvelles manières de production démocratique. Lentement, par des petits gestes,dans les comportements, il s’est faufilé une vraie morale du refus, une sorte de désobéissance civile, tellement mince, qui réussit à être perceptible au-delà des mots.C’est à travers ces nouvelles stratégies d’indiscipline populaire, qu’il faut lire l’agitation de la société africaine contemporaine. Aujourd’hui,il faut accorder une grande attention moins à l’Afrique des gouvernements et plus à celle des individus, à leurs attitudes, que ce sont les symboles de l’expression de l’insatisfaction. Une élaboration collective par la méthode de “l’optimisation de l’anarchie”. En autres mots, la société civile en Afrique est constituée par tous ceux qui expriment un mécontent collectif. Au dehors du caractère officiel, ce groupe d’individus en manière autonome se structure dans l’attente de devenir le nouveau sujet partenaire d’un nouveau développement économique ou d’une nouvelle phase politique”.

Les demandes des individus du continent sont identiques au reste du monde:liberté de pensée, d’expression, d’association, liberté de choisir les propres gouvernants, transparence dans la gestion des biens publics, combat pour la tutelle des droits humains fondamentaux. Dans certains cas, sans aucun doute, tel procès a été récupéré par des élites pour en faire outil de lutte pour la conquête du pouvoir. Mais des résultats concrets se sont produits au Togo, au Kenya, en Afrique du Sud, au Mozambique, à Madagascar, au Gabon. Petits exemples,très petits, qu’ils indiquent cependant le parcours sur lequel ils se mesureront les capacités des peuples africains d’inventer leur avenir. Ces tentatives ont coïncidé avec un moment de crise économique très aiguë: fuite des capitaux,effondrement des prix des matières premières agricoles ou minières,rigidité très élevée des lignes d’action d’ajustement structural de Banque Mondiale et du Fond monétaire international. Cette crise économique a étouffé chaque velléité de parcours économique alternatif à la pensée unique et mis à zéro le débat de la société civile sur un possible modèle de démarche démocratique pour le continent. Sans pain, la démocratie a fini pour s’ensabler. Les programmes d’ajustement structural (PAS), inspirés aux principes du libéralisme mondial, ont fait le reste : ils ont éludé la réflexion et ces aspirations sur un possible et nouveau modèle de développement économique et politique. Les théories du développement économique et leur faillite sont sous les yeux de tous. La situation est empirée et la crise de la dette déduit une situation économique désastreuse du continent. Les nombreux chantiers pour la construction des nouvelles grandes infrastructures (les digues du programme Water Project du Lesotho aux zones arides de l’Afrique du Sud, les mille kilomètres de chemin de fer entre Bénin,Niger et Burkina Faso ou la construction du port maritime de Kribi au Cameroun) sont seulement des affaires économiques à réaliser pour les entreprises occidentales, processus d’expansion économique qui n’ont rien à que faire avec les stratégies de lutte contre la pauvreté. Simples actions de délocalisation industrielle occidentale.

Dans mes derniers voyages dans la corne de l’Afrique et dans la région des Grands Lacs, j’ai cherché d’étudier l’autre Afrique de l’économie, celle que dans les souterrains de l’histoire,elle se nourrit par des moyens de l’économie informelle, de survivance dans les campagnes et, à travers l’art de se débrouiller. La débrouillardise est une modalité de vie qu’il condamne entiers secteurs de la population à un croissante précarité. C’est le peuple indéfini des désillusionnés des Capitales-bidonvilles africaines : enfants seuls, jeunes sans travail, femmes. Individus, qui ont cré un circuit parallèle de survivance,de microfinance horizontale, d’économie informelle qui leur empêche de considérer la pauvreté comme une fatalité. Icônes vivantes de très haute dignité qui indiquent le millénaire modèle économique africain attentif aux valeurs de l’homme et pas aligné aux logiques du profit. L’idée que la démocratie soit un luxe pour les peuples africains est une fausseté. Il n’y a pas relation de cause et effet entre processus de démocratisation et violence politique, parce que pour soi-même,la démocratisation n’est pas chargée de violence. En Afrique, la violence est dégénérée en présence de dictateurs ou de groupes qui ont tenté de légitimer leur pouvoir exclusif contre une autre partie de la population du pays. La confusion entre multi partitisme et multi ethnicisme (c’est-à-dire quand les contours de l’appartenance ethnique coïncidaient avec ceux du militantisme politique) a engendré violence inouïe. Somalie, Burundi, Rwanda, Ouganda, Sierra Leone, ils sont des exemples éclatants dont je retournerai dans mes prochaines analyses et réflexions.

Ils me viennent à l’esprit les mots d’une poésie du Salvador Diaz Miron: ” Rappelez-vous , souverains et vassaux, excellences et mendiants, personne n’aura droit au superflu jusqu’à quand un seul, il manquera du nécessaire.” Dans le continent africain, le nécessaire, dont Diaz Miron parle, s’appelle développement économique durable,droits humains, paix, démocratie.

Antonio Torrenzano

 

ActualitéLivresReligion

 

andrea_riccardi.1192716713.jpg

Conversation avec Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio,romain de naissance, professeur d’histoire du catholicisme, il incarne le nouveau profil du laïc servant l’Église, à la tête d’un mouvement atypique, s’inspirant d’un humanisme pragmatique et d’une spiritualité œcuménique, héritage de mai 1968 et du Vatican II. La communauté Sant’Egidio associe ostensiblement prière, apostolat et bénévolat caritatif dans les champs les plus divers: prestation de repas, prise en charge des personnes âgées, des handicapés, des drogués, des malades du sida ou des immigrés en quête de papiers, d’emploi ou de logis.La communauté née à Rome,s’est développée d’abord dans toute l’Italie, puis dans le reste de l’Europe et, enfin,sur tous les continents. Présent aujourd’hui dans quelque soixante pays, leur mouvement mobilise presque trente mille personnes. La communauté Sant’Egidio partie de Rome, elle s’est éparpillée dans le monde en une myriade de petites communautés, surgies spontanément, dans les milieux les plus variés (urbain, rural, universitaire), souvent dans la mouvance du catholicisme, mais aussi d’autres religions, se portant audacieusement au cœur des conflits, raciaux, sociaux politiques religieux, avec un souci constant d’universalisme, d’ouverture, d’œcuménisme. Le dialogue a eu lieu à Paris auprès de l’UNESCO pendant la présentation du dernier essai du professeur, “vivre ensemble”.

Antonio Torrenzano. Comment vivre ensemble? Je pense au frère Roger de Taizé qui affirmait: “La voie? Parler au coeur de l’homme”.

Andrea Riccardi. La certitude de devoir vivre ensemble, elle doit être cultivée par le dialogue. C’est ainsi que nous travaillons depuis des années à ce rapprochement entre mondes religieux et cultures, en tissant un réseau d’échanges et d’amitié entre hommes et femmes de confessions différentes. Par la connaissance revient la sympathie. Malgré beaucoup d’épisodes douloureux, on retrouve la paix inscrite au plus profond de la grande tradition religieuse du monde. Le dialogue suscite la sympathie, conduit à la cohabitation, et tarit les sources de conflits. Le dialogue entre les religions et l’humanisme laïc, partie intégrante de la civilisation contemporaine, est une école de tolérance et rappelle la signification des valeurs. Le manque de tolérance interdit toute sympathie réciproque: cette méfiance, ce mépris, ces préjugés, qui semblent d’inévitables héritages du passé, deviennent alors un terrain favorable au développement de dangereuses passions. La différence, on ne peut pas la réduire par des conflits. Nous ne croyons pas à une conciliation à l’amiable, à un relativisme à bon marché, à la création en laboratoire de vérités toutes faites, bonnes pour tous. Nous connaissons les profondes différences. Mieux, en contemplant parmi nous toutes ces différences religieuses, nous en comprenons la leçon: il n’y a rien dans ce monde, ni même une religion, qui peut être hégémonique. Pas une culture, pas un pays, pas une civilisation, pas une religion, pas une idéologie: ils ne peuvent pas être hégémoniques. Notre monde, malgré la globalisation, est profondément pluriel. Nous sommes nombreux et différents.Notre monde a donc besoin du réalisme du dialogue, comme d’un art de faire la paix et de vivre ensemble.Le Président de la République du Mozambique, Armando Emilio Guebuza, a eu le courage du dialogue pour faire sortir son pays d’une guerre civile qui l’étranglait. Le Mozambique nous offre une leçon sur la valeur de l’art du dialogue pour construire la paix. Mais il nous offre aussi une leçon sur la capacité de collaborer avec tous afin de réaliser une vie meilleure pour son peuple. Le dialogue c’est la reconnaissance des diversités. Ce n’est pas toujours facile et parfois douloureux à accepter. Il y a donc deux voies: la voie de la folie qui veut plier les diversités et les combattre ou celle de la sagesse, c’est-à-dire, les accueillir dans une vision large et pacifiée du monde. Souvent, les terribles simplificateurs nous montrent un monde réduit aux chocs de civilisation et religion. Mais ce n’est pas ainsi. Nous sommes tous liés en profondeur, même si différents. Un tissu métis, culturel et spirituel, nous enlace tous, même si différenciés par nos identités. Être soi-même, fidèles à sa foi, ne contredit pas la recherche du dialogue. Le dialogue entre les croyants est nécessaire, tout comme celui entre croyants et humanistes. Un grand écrivain français, laïque, né en Algérie, Albert Camus, disait à des religieux chrétiens lors d’un entretien: “le monde a besoin de vrai dialogue. Le contraire du dialogue, c’est du mensonge comme le silence et, il y n’a pas d’autres dialogues possibles que celui entre gens qui restent ce qu’ils sont et qui parlent sincèrement “. Le dialogue réclame que les croyants soient de vrais croyants. Il faut parler avec courage au coeur des hommes et des femmes: il faut parler de la sainteté de la paix et de la malédiction du mépris et de la haine. Haine et mépris labourent sur le terrain où poussent les graines de violence.

A.T. Nous en tant qu’européens, sommes-nous en mesure de représenter encore quelque chose sur la scène du monde? L’Union Européenne vit un passage politique très délicat, la même politique révèle un renoncement à l’insignifiance avec le résultat que sur la scène d’un monde globalisé, plusieurs fois, nous sommes absents.

Andrea Riccardi. Il y a dans notre monde contemporain un besoin incroyable d’Europe! Oui, un grand besoin d’Europe! Il y en a besoin sur les frontières de la paix. Au Proche-Orient. En Afrique. Il y en a besoin comme présence culturelle capable d’une médiation dans une mondialisation qui aplatit tout. Notre Europe, à travers son histoire complexe, a la capacité de créer une civilisation où marché et solidarité sociale vont de pair; elle a la capacité de mettre ensemble les racines religieuses avec la laïcité; elle maintient le pluralisme linguistique par la “traduisibilité” des cultures et des langues; elle a des ressources précieuses pour ceux qui croient encore dans l’humanisme. L’Union Européenne, alors, veut dire paix. Paix entre les européens qui ont lutté entre eux pendant des siècles, spécialement pendant deux guerres mondiales qui ont ensanglanté le continent et dévoré avec la Shoa, le peuple juif et d’autres groupes européens. Paix entre les européens, mais elle veut dire paix aussi pour les non européens: c’est-à-dire un message qui va au-delà de nos frontières. La Paix est une richesse que les classes dirigeantes n’évaluent pas toujours à long terme, en dehors du débat politique quotidien éphémère et épuisant. Mais qu’avons-nous fait de cette paix? C’est une question qui me pèse, surtout après avoir vu s’évanouir la grande occasion de la fin de la guerre froide sans ouvrir une saison de paix, donnant lieu au contraire à la prolifération de conflits et à une nouvelle considération de la guerre. C’est une question qui m’habite depuis que j’ai vu comment la Communauté de Sant’Egidio (je pense en particulier au processus qui a mis fin au conflit du Mozambique avec son million de morts) a pu expérimenter que la paix est possible et n’est pas une utopie de rêveurs.

A.T. Et notre confrontation avec les cultures proches à nos frontières?

Andrea Riccardi. Il faut reparcourir les frontières de l’altérité en Europe. Les frontières avec l’orient orthodoxe, intérieur comme la Grèce, mais extérieur, comme la Russie. Sans cet Orient, il n’y a pas d’Europe parce qu’elle est dans un état d’asphyxie. Et, pour continuer, comment ne pas réfléchir sur les frontières de l’altérité avec l’Islam? On doit le faire devant le risque d’une rhétorique de l’affrontement et d’une réalité d’antipathie de masse et de terrorisme. Cette Europe, ne doit-elle pas avoir une stratégie de dialogue avec l’islam intérieur et surtout extérieur, avec la religion qui est en train de devenir la plus grande religion du monde? J’arrive enfin aux frontières de l’altérité de la pauvreté: l’Afrique, à laquelle beaucoup de pays européens ont tourné le dos. Le continent africain est réduit à présent à simple terrain de guerres et du SIDA. L’engagement pour libérer l’Afrique de la fin du futur est un banc d’essai primaire pour la civilisation européenne. L’émigration nous le dit chaque jour. Émigration qui n’est pas une question de frontières, mais l’expression d’une perte de confiance des Africains en leurs pays et le début d’une grande invasion, comme Jean-Baptiste Duroselle écrivait lucidement il y a des années. Devant ces frontières de l’altérité (il pourrait y en avoir d’autres),je mesure les réticences européennes. L’Europe a une histoire de projection universelle marquée par l’impérialisme et le colonialisme dont nous sommes touchés au vif par les erreurs du passé. Mais est-ce que cela veut dire renoncer à l’universel? Dans un monde globalisé, peut-on renoncer paradoxalement à l’universel?

Antonio Torrenzano. Quel avenir… au-delà de nulle part?

Andrea Riccardi. Il y n’a pas un dogme, pas de formule scientiste ou idéologique pour indiquer cette voie d’avenir : un humanisme de paix, une civilisation où on vit ensemble dans la diversité. Rien et personne ne peut unifier : ni par la force, ni par l’économie, ni par la puissance culturelle. Tout découle d’une convergence convaincue dans la liberté. La liberté, celle de chacun et des groupes, est une réalité inviolable. Un grand spécialiste de l’Islam, le tunisien Mohammed Talbi, a écrit : “quand se brisent les stylos, ne restent que les couteaux“. L’aventure de la liberté ne nous effraye pas, parce que nous savons que les croyants sont porteurs d’une force spirituelle d’amour et de miséricorde. Long est le chemin de la composition des différences. Mais c’est la voie de la paix. Il y n’a pas d’humanité sans paix, c’est la paix qui rend humain ce monde. La paix est le nom du destin commun des hommes et des peuples. C’est ce que nous disent les grandes traditions religieuses. C’est ce que nous suggère aussi une réflexion raisonnable sur l’Histoire. Nous espérons, mais il y a nombreux sourds et beaucoup de fois la voix est basse.

Antonio Torrenzano

 

ActualitéReligion

della_seta.1192471703.jpg

Conversation avec Fabio Della Seta, journaliste, écrivain.Il a été pour dix ans rédacteur en chef de l’hebdomadaire Israël. Directeur de la siège RAI (radio télévision d’état italien) en Amérique Latine, il a produit et dirigé nombreuses pièces radiophoniques et d’émissions d’actualité culturelle. Comme auteur, il a publié de nombreux livres parmi lesquels un essai historique sur les origines de l’État juif “Antico Nuovo Israele”,l’histoire de l’école juive de Rome pendant les années de persécution “L’incendio del Tevere”, le roman “Agnus Dei” et le recueil de récits “Rivedere Petra”. Le dialogue a eu lieu en occasion de la publication de son dernier roman “Les silences de Joe”, édité par la Maison d’édition Portaparole, en langue française et langue italienne.

Antonio Torrenzano. Dans votre production littéraire, il y a une grande partie d’essais qui réfléchissent sur l’histoire hébraïque, sur les tragiques événements de ce peuple,sur la recherche, comme toutes les minorités persécutées, d’une propre identité. Tragiques événements que vous-même, vous avez vécus pendant les lois raciales et le temps de restrictions en Italie. Une période personnelle et historique amplement décrit dans votre essai “l’incendio del tevere” où vous racontez les persécutions de l’école juive de Rome.Dans votre dernier essai “les silences de Joe”, en revanche, vous posez l’attention sur votre rapport avec le divin et la divinité, avec la religion des Pères. Est-ce qu’on peut affirmer que votre roman est sur la recherche de l’homme et de sa dimension symbolique et sacramentelle.

Fabio Della Seta. Jusqu’à l’âge de quinze ans, j’avais une idée très vague de quoi, il signifiait pour moi être juif. Pendant ma jeunesse, je me demandais souvent par exemple parce que je quittais ma classe du lycée à Rome pendant les leçons de religion catholique. Moi et mes copains, nous nous sommes plusieurs fois demandés que valeur avait ce mot:être juif. Nous avons trouvé la réponse par le long itinéraire de ma culture : cinq millénaires, par l’analyse et l’étude des documents, l’écoute des témoignages, pour nous reconnaître enfin membres d’une culture des racines très anciennes. Culture, qui est partie essentielle dans notre ADN et qu’elle n’exclut pas, au moins pour qu’il me concerne, toutes les confluences qui viennent d’autres manières de penser. On vit la pratique religieuse comme une propre expérience intérieure, mais il y a aussi une optique différente pour regarder les choses du monde : la pratique historienne. Par cette élaboration intime, chacun de nous a choisi sa propre route de vie. Un groupe de mes camarades a choisi la voie de l’expérience de type collectiviste dans un kibbuz, en pleine observance religieuse; j’ai choisi une rue différente.

Antonio Torrenzano. Alessandro Guetta, professeur d’histoire de la pensée hébraïque à l’Institut de langues et civilisations orientales de Paris, il a écrit de ce livre:”c’est une manière typiquement hébraïque de rechercher l’existence de Dieu en se tournant vers lui”. Quoi pensez-vous?

Fabio Della Seta. Mon dernier travail est la tentative d’un dialogue entre Sam (le personnage) et son Dieu. Sam est à la recherche de Dieu.Où qu’il puisse être. Sous quelque aspect qu’il se manifeste.Pour lui poser des questions,beaucoup de questions. Pour l’obliger une bonne fois à répondre. Sam, pour lui contraindre à répondre, il lui a aussi donné un prénom, le plus affectueux des noms, pour chercher d’avoir des réponses et dépasser le voile impénétrable d’obscurité. Le roman est un parcours, une conception de fond sur les grands points obscurs que depuis toujours ils tourmentent l’homme: qui sommes-nous, d’où venons-nous, que sens ont-ils le mal et le bien, nos mêmes existences.

Antonio Torrenzano

 

ActualitéReligion

mere_theresa.1191958075.jpg

Conversation avec Soeur Nirmala Joshi,73 ans, depuis la mort de Mère Teresa, guide la congrégation des Missionnaires de la Charité.Née dans une famille “bramini”, hindoue convertie, a succédé à Mère Teresa en tant que supérieure générale des Missionnaires de la Charité, le 13 mars 1997.Aujourd’hui, les Missionnaires de la Charité sont environ 4600 dans le monde, dont la moitié à peu près en Inde. Elles vivent dans 133 pays et 739 maisons. Depuis la mort de Mère Teresa, d’autres ont été ouvertes dans douze nouveaux pays: Finlande, Mali,Nouvelle-Zélande, Israël, Algérie, Tchad, Norvège, Djibouti, Soudan, Thailande.Les vocations, elles aussi, continuent d’affluer:281 novices sont dans la congrégation dont 109 à la maison mère, au janvier 2007. Pour répondre aux besoins physiques et spirituels des pauvres, Mère Teresa fonda également les Frères missionnaires de la Charité et une branche de laïques, les coopérateurs de Mère Teresa.Le dialogue avec la Supérieure générale de la Congrégation a eu lieu à Rimini,auprès du centre de recherche Pio Manzù.

Antonio Torrenzano. Le 5 septembre 1997, Mère Teresa décède à Calcutta d’un arrêt cardiaque.Ce jour-là, c’est tout un peuple qui perd sa mère. Au point que l’Indie déclare deux jours de deuil national. Dix ans plus tard, l’image de cette Femme est toujours aussi vivante. Est-ce que quel est-il, selon vous, la vraie fonction de chaque bénévole catholique ?

Soeur Nirmala Joshi. Notre destin? Devenir partie d’un nouveau Ciel et d’une Terre nouvelle. De ne pas avoir jamais peur, d’être toujours prêts, dans cet étroit trottoir du monde, à aider qui souffre. La voie vers notre Père,elle passe à travers le secours des frères et des soeurs plus pauvres et démunis.

A.T. Vous n’avez jamais voulu être appelée “mère” en maintenant le surnom de “soeur” pour laisser à la fondatrice ce titre qui exprimait son amour pour l’humanité entière et sa force dans la défense des plus pauvres.Quels souvenirs conservez-vous de Mère Teresa après une vie vécue presque à côté d’elle?

Soeur Nirmala Joshi. Une femme qui essayait un énorme amour pour Dieu. Le même tendre amour que pendant toute sa vie et de ses journées, elle a cherché de transmettre à n’importe qui dans son apostolat. Mère Teresa alla avant jusqu’au but. Pour nous toutes, on était impossible de la faire reposer, aussi quand elle n’avait pas la force pour se tenir debout. Elle désirait chaque jour voir tous les malades du couvent.Pendant l’été 1982, par exemple, elle arriva à l’improviste à Castel Gandolfo, car elle souhaitait recevoir la bénédiction de Jean-Paul II avant de partir pour le Liban. Le Saint-Père qui était en train de recevoir à ce moment-là des jeûnes; il la fit asseoir à côté de lui et il expliqua aux jeunes que Mère Teresa se rendait dans un pays déchiré par la guerre civile. Mère Teresa partit en emportant une bougie sur laquelle était gravée une image de la Vierge Marie. Une fois arrivée à Beyrouth, elle obtint un cessez-le-feu tout le temps où la bougie resterait allumée; elle réussit ainsi à mettre à l’abri une soixantaine d’enfants handicapés, presque tous musulmans. Sa force représentera toujours un encouragement pour nous toutes à accomplir jusqu’au but notre mission et la volonté du Père. “Soyez l’expression vivante de la bonté de Dieu, elle affirmait toujours, soyez bons et miséricordieux”. Les trois principes qui sont aux coeur de notre mission:confiance aimante, abandon total et joie sont les voeux de Mère Teresa.

A.T. Le monde dans lequel nous vivons a besoin d’un esprit élevé de service, défense de plus en plus des démunis, de sens de la vie et recherche de transcendance. Quelle était-elle la force de Mère Teresa pour donner secours à tous, donner un sourire sans jamais se tirer en arrière?

Soeur Nirmala Joshi. Quand Mère Teresa s’apercevait que quiconque était arrivé près de la congrégation pour la rencontrer, elle était toujours là prête. Elle disait à n’importe qui: “quand tu veux, tu viens me trouver. Chaque individu est précieux aux yeux du Père. L’homme même est pupille du Père, il est oeuvre d’art de Dieu dans la création de l’univers physique”. Son exemple était continu, aussi devant la fatigue ou à sa maladie, elle ne se tira jamais en arrière. Je me rappelle encore qu’elle ajoutait: “ne jamais perdre l’harmonie, la foi, ne jamais renoncer aux propres objectifs aussi quand ceux-ci semblent élevés, difficiles, impossibles. L’homme qui veut être patron de soi-même, de sa vie et de sa destinée, il détruit soi-même et la communauté dans laquelle habite”. Dans nos centres, les bénévoles laïques apprennent qu’ils ne sont pas là pour du travail social avec les malades, mais ils sont chez nous pour une rencontre avec leurs frères et, c’est en priant, qu’on apprendra aux aimer. La priorité n’est pas guérir la maladie ou l’infection, mais de rendre à la personne sa dignité.Á aimer pour aimer, à aider pour aider et à accepter que nous ne sommes pas capables de grand-chose.

Antonio Torrenzano. Mère Teresa nourrit toujours l’espoir de pouvoir ouvrir un centre des Missionnaires de la Charité en Chine. Quelles difficultés restent-elles aujourd’hui à surmonter ?

Soeur Nirmala Joshi. L’espoir est resté identique. Mère Teresa ne perdit jamais la confiance et l’espoir de pouvoir ouvrir en Chine une Maison des Missionnaires de la Charité. Dans chaque circonstance, elle exprima ce désir et elle tâcha de faire le possible pour le porter à l’accomplissement.À chaque soeur qui était presque même à la mort, elle demandait:”quand tu rencontreras le Père, parle-lui de la Chine. De mon espoir d’aller là à soigner et soutenir les plus faibles.” Dans les derniers ans de son existence, elle demandait à n’importe qui de prier pour son désir. Maintenant, il touche à nous réaliser cet ancien désir et pouvoir entrer dans le pays chinois afin de dérouler notre opéré.L’activité de la congrégation continue son apostolat avec le même esprit de sa fondatrice. Nous donnons exécution à l’appel de Christ pour soigner les gens les plus fragiles. Je crois que par l’action heureuse de Dieu, nous continuons à être fidèles aux tels débuts. Mère Teresa représente notre point de contact avec le Ciel, elle continue à être notre Mère adoptive. Elle s’est pris soin de tous pendant sa vie terrestre, maintenant nous continuons le même parcours avec son attention spirituelle. Chaque individu dans sa profondeur, il a faim et soif de Dieu, il y a la recherche multiple du sens du propre être au monde, du sens de l’existence terrestre. Nos coeurs sont agités tant qu’ils ne trouvent pas leur repos dans le Père. L’homme peut avoir mille commodités, il peut posséder la richesse la plus inouïe, mais sans Dieu c’est un individu perdu et seul.

 

Antonio Torrenzano

 

Actualité

vivre_ensemble.1191957150.JPG

Vivre ensemble il dépend , hier comme aujourd’hui, par la solidarité. Personne ne peut donner vie à soi-même, la reçoit par contre de quelqu’un qui l’accueille solidement et qui l’introduit dans la communauté des humains. Nous dépendons tous par ceux qui nous accueillent, par ceux qui nous donnent soutien et ils décident de cohabiter avec nous. Sans cette solidarité de fond il y n’aurait pas société, non plus parmi les animaux, ni entre les mêmes micro-organismes qui font vie associée.La solidarité de nos origines et pas the struggle for life,elle a permis à nos aïeux de s’organiser socialement. Par la solidarité, nos langues ont eu le mot merci. Par la solidarité, l’être humain se distingue de toutes les autres primautés et il construit un monde de valeurs et de sens. La Déclaration des droits de l’homme a eu le mérite d’affirmer “tous les hommes”. Mais à cette affirmation, la communauté internationale est arrivée pour la vision interculturelle et religieuse de Jacques Maritain.

À relire aujourd’hui Jacques Maritain, le philosophe catholique se confirme très contemporain, un modèle de tolérance, pluralisme, de mysticisme, de spiritualité. Pour Maritain,la démocratie est le terrain dans lequel croyants et athées peuvent se retrouver; c’est le fondement sur lequel on peut construire nouvelles relations interpersonnelles et sociales. Pour Maritain, la politique internationale et les organisations internationales ne devaient pas être gérées par les États, mais par les opinions uniques de chaque individu. Poser l’accent sur les opinions des individus, il signifiait lier de valeurs communes pour croyants,laïques,athées.Le noyau essentiel était représenté par une conception d’une démocratie plus personnaliste qu’institutionnelle. La Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 1948, il est le résultat de son vison.Texte universel,fondement de la civilisation de notre temps. Dans une période dont le patrimoine de valeurs communes de l’Union Européenne et la mission des Nations Unies ne semblent pas être un exemple frappant de courage, l’héritage de la pensée de Maritain résulte un point indispensable de référence dont repartir. La démocratie, affirmait Jacques Maritain, est dialogue,débat,pas violence,s’armer d’une grande patience. Elle exige une certaine ouverture de la part de tous:hommes et institution juridique. Il faut que l’effort pour la liberté et les règles internationales, ils ne soient pas actions modestes, insuffisantes,médiocres.

Certitudes pas abstraites, celles de Jacques Maritain,mais qu’il exprime et réalise dans les terribles ans de guerres nationalistes et impérialistes.Certitudes, qui doivent nous pousser à appliquer la même ténacité, la même vision. Je crois en effet que la période contemporaine avec ses grands questions:paix,instabilité internationale,guerre,pauvreté,nouvelle souveraineté planétaire,oecuménisme religieux; elle ne soit pas moins articulée et difficile que notre passé.

La raison toute seule et la nouvelle vision technoscientifique n’ont pas de suffisante force pour faire valoir impératifs catégoriques et nouvelles solutions. La simple raison analytique et instrumentale (plus structurée actuellement pour dominer le monde à travers la techno-science) ne peut pas offrir de motivations et du nouveau sens existentiel. La dimension demens des êtres humains explique des choix qu’ils ont à présent de l’absurde.Nos solutions retombent toujours dans notre contemporain horizon historique donc du conditionné,relatif, éphémère. Nous avons besoin en revanche d’absolu. Est-ce que ces instances peuvent exiger quelque chose d’absolu? Un absolu peut seulement exiger quelque chose d’absolu. Une réalité suprême peut seulement se fonder sur quelque chose de suprême. Voilà, donc, le besoin de redécouvrir une raison herméneutique symbolique, sacramentelle. Un retour aux procès métaphysiques qui peuvent être les graines pour remettre en mouvement le sens de la vie humaine et de l’homme.

Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté Sant’Egidio, affirme dans son dernier essai “vivre ensemble”, qui est nécessaire collaborer, s’accorder, se respecter, créer des accords aux limites de l’utopie. Vivre ensemble n’est-il pas, non seulement une utopie, mais une urgence pour la survie de l’homme et de notre planète.

Antonio Torrenzano

 

Actualité

in_memory_of_those_killed_in_baghdad

Sergio Vieira de Mello, 55 ans, diplomate, il meurt le 19 août 2003 dans le siège Nations unies en Iraq par un attentat terroriste accompli par l’organisation Al quaeda.Une auto bombe effrite entièrement le siège de l’organisation internationale à Baghdad en tuant pas seulement le Haut représentant ONU, mais aussi vingt-trois fonctionnaires internationaux de la même organisation. Ma dernière interview comme journaliste correspondant de la Radio Vatican avec le diplomate, a été effectuée à Genève au début de sa mission à Bagdad. La partie posthume et inédite du dialogue, pour ne pas oublier Sergio Vieira De Mello, je la publie maintenant sur mon carnet virtuel.

Antonio Torrenzano.Est-ce que je désirerais avoir son analyse sur la guerre iraquienne. Qu’est-ce qu’il nous montre ce énième conflit ? Il ne croit pas que les Nations unies soient restées incapables de gérer cette autre crise internationale?

Sergio Vieira de Mello. Le débat sur le conflit iraquien à huissier en lumière la grave crise géopolitique qu’il faudra au plus tôt dépasser. Il faut dépasser le conflit en temps rapides si on veut que le système international retourne à être fondé sur la loi, sur le dialogue et pas sur la force ou l’usage des militaires comme réponse diplomatique. Quand les armes parlent, il signifie que la diplomatie (c’est-à-dire le dialogue), il a fait faillite. Dans les circonstances iraquiennes,les membres du Conseil de sûreté des Nations unies ont été incapables d’atteindre un point de vue commun pour ce qui concerne la sûreté d’un nouvel ordre mondial et le rôle fondamental de la même organisation. Il n’a pas échoué seulement le Conseil de sûreté, mais aussi la Commission des droits humains parce qu’elle a été incapable de gérer le vissage de cette situation et trouver nouveaux points de repère. Je crois que pour sortir de cette situation, il faudrait repenser radicalement les relations existantes entre sûreté mondiale et droits humains. Il est très urgent repenser ce rapport. Il faudra unifier bientôt ces deux corollaires dans un seul, c’est-à-dire la sûreté en règle de droits humains. Il faudra reconnaître, finalement, que les violations évidentes de ces droits sont à la base de l’insécurité intérieure de beaucoup d’États et du système entier des rapports internationaux parmi les Pays de la communauté internationale. Le problème n’est pas nouveau, il suffit de citer la longue liste d’événements tragiques qu’avant du conflit iraquien nous avons eu:Rwanda, région des Balkans, Timor Est, les nombreux conflits du continent africain. Je crois que le temps est arrivé pour redéfinir tout ceci en repartant de l’Homme, de sa dignité, de son être au monde et mettre l’individu au centre de ce nouveau débat. Bien qu’il me concerne, je ferai tout le possible pour montrer que les Droits Humains doivent être à la base de toutes les solutions y compris le conflit iraquien.

Antonio Torrenzano.Qu’est-ce qu’il arrivera aux civils, aux femmes, aux enfants, victimes?

Sergio Vieira de Mello.Comme le Secrétaire général a souligné, la responsabilité de protéger les civils en cas de conflit incombe sur chacun de nous, sur le droit international, sur l’entière Communauté internationale,sur les belligérants dans toutes les zones occupées militairement. Le peuple iraquien, après deux décennies de guerre et de conflits intérieurs,a déjà eu assez de souffrance.Quand j’étais commissaire au Timor Est, j’étais préoccupé pour les résolutions qui nous attribuaient vivement de pleins pouvoirs, mais ils n’explicitaient pas les manières de comme nous pouvions les exercer. Le mandat qui maintenant m’a été donné pour le conflit en Iraq est, de nouveau, vague et il ne dénote pas de manière claire comme je devrai exercer ma mission.

Antonio Torrenzano. Qu’est-ce qu’il signifie coordonner, faciliter, encourager le respect des droits humains dans une situation de conflit?

Sergio Vieira de Mello. J’appliquerai les règles fondamentales du droit humanitaire,règles qui doivent être respectées en quelconque occasion. Personne ne doit être privé de la vie arbitrairement, personne ne doit être détenu arbitrairement, personne ne doit être soumis à la torture. Je souhaite que tous puissent être considérés comme innocents jusqu’à la preuve contraire. Que les malades et les blessés soient soignés comme la règle internationale prévoit pour un vivre démocrate . Je crois, encore une fois, que le dialogue et le respect de la loi peuvent guider nos âmes pour sortir de la tragédie de toutes les crises.

 

 

Antonio Torrenzano

 

Special thanks to photographer Sergio Volo pour l’image “in memory”.

 

Actualité

 

sergio_vieira_de_mello.1191327466.jpg

 

Qui était Sergio Vieira de Mello? Brésilien, 55 ans, fonctionnaire international,il meurt le 19 août 2003 dans le siège des Nations unies à Bagdad pendant un attentat. Il avait commencé aux Nations unies à l’âge de 21 ans, en 1969, près du Haut Commissariat pour les Réfugiés, agence qu’il reviendra à diriger successivement avant de sa mort. Homme de terrain, comme il venait nommé amicalement, il gère deux ans après, en 1971, à l’âge de 23 ans, le premier grand exode de réfugiés du Bengale oriental vers l’Inde. Dix millions d’individus, peut-être le plus grand exode de l’histoire du neuf cents. Pour la même cause, il se battra en Afrique, Amérique Latine, Sud-est asiatique toujours avec la même honnêteté, passion, force infatigable,courage. Le Liban, la guerre yougoslave, le conflit dans l’île de Timor-est, ils avaient été, dans les derniers ans, les nombreuses guerres qu’il avait gérées pour les Nations unies. L’ancien secrétaire général Kofi Annan, avant sa dernière mission sans retour, l’avait nommé secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires auprès de la siège de Baghdad en Iraq.

Pendant sa longue activité internationale de négociateur, Sergio Vieira de Mello avait toujours recherché le dialogue entre les cultures en se forçant toujours d’unir et, ne pas désunir, les deux berges du monde. Raffiné connaisseur des problèmes internationaux, négociateur patient, une vie défraie à la pratique diplomatique. La décennie des ans quatre-vingt-dix est riche de missions, mais toujours avec l’ingrat devoir de dialoguer et recomposer situations compliquées, dans des endroits où parler de démocratie il était difficile après l’assourdissant bruit des armes.Par cette expérience humaine et personnelle, Sergio Vieira de Mello rédige pour l’organisation ONU un document, connu comme “Vieira de Mello Report”, qui deviendra le noyau dur des cours de formation du Département Humanitarian Affairs & Peace Keeping Operations de New York et Genève pour les agents spécialisés en missions de paix, observation électorale, actions de reconstruction post guerre. L’attentive analyse reprenait la faillite du contingent des Nations unies surtout en Bosnie Herzégovine et, plus en général dans la région des Balkans, où la distinction diplomatique pour les actions du contingent onusien fondées entre “actions de paix” et “opérations de guerre”, elle fut nette, visible à tous, hypocrite. C’est-à-dire un insuccès. Dans la région des Balkans, l’action de paix des troupes ONU devait se développer par le consentement des acteurs en guerre opposés afin d’éviter que les possibles opérations pouvaient signifier de se ranger vers une partie ou vers l’autre sur le terrain. Le résultat de cette subtilité diplomatique, qu’il naissait du risque que l’usage de la force portât à des développements militaires mondiaux, il empêcha aux troupes ONU de se dérouler ou développer actions humanitaires pour lesquelles ils avaient été envoyées.Les agences techniques ONU furent, dans cette occasion, les seules victimes de ces inaptitudes,mais derrière la faillite sur le terrain il y avait la cécité de l’Union Européenne et des États-Unis entre “idéaux trop ambitieux” et volonté politique de risque “trop modeste”.

Tout ça, Sergio Vieira de Mello l’avait toujours confirmé, affirmé avec force, même à joindre au 20 octobre 2000, près du siège de New York de l’ONU, où pendant un panel, qui devait être un simple séminaire entre fonctionnaires et experts, il devint en revanche le début d’une nouvelle manière d’agir en situation de guerre et post conflit pour tous les techniciens des Nations unies. Certainement le calcul arithmétique de l’horreur, de la violence ou de la guerre – comme il a toujours déclaré – il ne sera jamais ni bloqué ni diminué, mais par cette faillite, l’organisation de New York a tiré nouveaux instruments d’action et de gestion des interventions sur le terrain. On pourrait affirmer,encore une fois, en relisant l’opéré de Sergio Vieira de Mello, une forte clairvoyance, une haute sensibilité d’apercevoir l’avenir par d’expériences passées. Non, seulement une étude attentive de cette expérience, la détermination des variables qui auraient puis successivement amorcées crise et conflits dans d’autres parties de la planète. Pour un lecteur curieux, le rapport et les modifications, sont disponibles gratuitement sur le site institutionnel des Nations unies (www.un.org/peace/reports/peace_operations). Ils peuvent représenter un utile instrument pour comprendre notre présent international.Quelles explications possibles,peuvent-ils être achalandés,pour expliquer, l’incapacité internationale de prévenir les crises, arrêter les guerres, mettre à zéro l’arithméticien calcule,de ce chaos international?

Les modalités de l’action technique ou de la coopération à 360 degrés, qu’ils cherchent à recomposer déterminés puzzles régionaux, ils ne sont pas toujours suffisants à adresser dans une manière différente le cours des événements. Il manque un projet collectif mondial. Pas plus un simple chantier multipolaire. C’est celle-ci, l’absence la plus assourdissante qu’il secoue les fondations de l’entière communauté internationale. Le manque d’une vision de civilisation planétaire qui réussit à insérer tout, qui maintient unis les pôles de la diversité et des symboles uniques comme valeurs complémentaires et inséparables. Comment, alors, pourrait-on maintenir vivantes les cultures dans leur spécificité et, de l’autre, les ouvrir à un dialogue obligé?

Sergio Vieira De Mello soutenait que les fermetures et les replis sur nous-mêmes,ils causent fondamentalismes, violence inouïe, guerres ethniques, chocs tribaux. Il y a en acte une grande révolution dont la nouvelle pensée planétaire n’oppose pas l’universel au concret, le général au singulier. Il suffit plus gérer simplement notre temps présent, en croyant que le changement ou l’évolution sociale procèdent avec autres logiques et pour autres rues, il faudrait trouver nouvelles solutions. Un exemple? Notre tangible impotence a distinguer un “temps de guerre” d’un “temps de paix” ou des “fronts de guerre” et des “lieux sûrs”.

 

Antonio Torrenzano